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Le récit de Granédis

Auteur de recits


Récit écrit par Loren.
Auteur homme.



histoire publiée le 04-01-2011
Catégorie :Fantastique, SF, Fantasy, Uchronie
Histoire 8205-l702

Titre : Le récit de Granédis

SF heroic fantasy  Etres imaginaires  Merveilleux 
 
 

Le récit de Granédis


Le récit de Granédis : « Les Shaks »

Je me souviens parfaitement de ce jour là, j’étais posté devant un petit étang, immobile depuis une bonne demi heure, les sens aux aguets, attendant qu’une grenouille coasse s’approche de moi. Malgré les nombreux moustiques, mouches et autres insectes volants qui me rentraient par les narines ou le trou des oreilles je restais impassible et parfaitement stoïque.
J’avais désormais l’habitude de ce genre de chasse, initié en cela par mon père et je ne craignais absolument pas de garder la pose deux ou trois heures durant. Pourtant la chaleur moite rendait l’air étouffant et de fait ma position était fort inconfortable.
Les grenouilles coasse sont craintives et donc plus difficile à attraper que n’importe quelle autre race d’anoures et autre amphibiens. Cependant cela valait la peine de se donner du mal car leur chair est délicate et gorgée de vitamines. D’une jolie couleur verte, elles pourraient faire penser à une reinette si ce n’est leur taille et leurs pattes qui tirent vers le bleu foncé.
J’en avais repéré une à une dizaine de mètres de là, cachée parmi les roseaux. J’attendais patiemment qu’elle approche encore de deux ou trois mètres pour bondir sur elle.

J’étais fier de ramener régulièrement des grenouilles coasse à mon village, parmi les jeunes de mon age je semblais le plus doué pour cela. D’ailleurs dans la plupart des apprentissages je dépassais et de loin mes congénères si bien que dans quelques jours j’allais rentrer en apprentissage chez notre guérisseur, ce qui demande des capacités de mémoire et de compréhension au dessus de la moyenne mais pas seulement. En effet en plus de mes prédispositions intellectuelles j’avais le don, chose indispensable pour exercer la pratique de guérisseur. D’après les anciens et mes parents, mais de leur part je doute que cela fut totalement impartial, je ferais un excellent élève et deviendrais très utile pour la communauté comme l’est tout guérisseur ou autre possesseur du don.
Bédis, notre guérisseur avait insisté pour m’avoir à ses côtés et ainsi me transmettre son savoir acquis de sa longue expérience et du savoir ancestral que les guérisseurs se communiquent de maître à apprentis.
Bien entendu, à cette époque là, je n’avais aucunement conscience de mes capacités et je me contentais de m’enorgueillir seulement de mes chasses à la grenouille coasse ! Il faut dire que l’orgueil chez un gnome est très limité. De nature, les gnominidés sont des êtres discrets et peureux, occupant des niches écologiques dont les autres races ne veulent pas. En l’occurrence, mon peuple, les gnomes gris, vie dans les marécages glauques, vaste zone de mares, sables mouvants et lacs putrides. Les gnomes sont la seule race intelligente qui vie vraiment dans cette zone. Quelques autres s’y aventurent comme les Shaks ou les Blêmes, mais c’est uniquement pour la chasse ou la capture à des fins esclavagistes des gnomes. Cette région, véritable nid à maladies et infections est peu accueillante pour les êtres doués de raison, sauf pour nous les gnomes… Il faut dire que malgré notre peu de force musculaire et notre petite taille, nous sommes extrêmement résistants aux épidémies et cicatrisons facilement malgré la moiteur putrescente. Par exemple nous sommes immunisés contre les piqûres de moustiques ce qui ne semble pas le cas de la plupart des autres races.
Mon village, Nédulac, est situé plutôt en bordure des marécages glauques et contrairement aux villages plus à l’intérieur, nous devons nous méfier des incursions des autres races dans notre zone de vie. Fort heureusement, la connaissance des lieux nous donne un avantage certain sur les incursions des Shaks, principale race dangereuse pour nous puisqu’ils aiment capturer les notre pour les prendre en esclavage.

Ma proie venait de se rapprocher, d’une nage lente elle zigzaguait entre les roseaux gobant ça et là des mouches venant s’abreuver. Cette grenouille était bien dodue, ses cuisses semblaient interminables et il me faudrait être rapide pour ne pas qu’elle m’échappe ! Une odeur de vase, d’humidité emplissait l’air, la journée avait été belle mais la chaleur lourde de cette fin de journée annonçait un probable orage dans les heures à venir. Les animaux dans ces cas là étaient plus agressifs qu’à l’accoutumé et si je ne craignais pas les insectes je restais sur le qui vive en se qui concerne les serpents et plus particulièrement les constrictors capables de broyer une colonne vertébrale en un rien de temps… Bon nombre de jeunes inexpérimentés ne revenaient jamais des chasses en solitaires, finissant dans l’estomac d’un constrictor… Mais j’avais un avantage… grâce au don ! Cette capacité rare qu’on certaines personnes à percevoir le monde de façon différente, cette chance ou malchance c’est selon, d’avoir en sois une certaine propension à exercer la magie. Dans la plupart des cas, le pouvoir magique est tourné vers le pouvoir de guérir, ces gens deviennent des soigneurs dans d’autres cas la magie se manifeste de bien d’autres façon, par exemple au village nous avons Dessif une vieille dame capable de maîtriser le feu. En ce qui me concerne, il semblait que j’avais un certain don pour la guérison, c’est du moins la destinée que l’on m’avait imposée depuis que j’avais ressoudé le bras de mon père alors qu’il se l’était fracturé en se battant contre un jeune constrictor. Il était revenu au village couvert de sang en se tordant de douleur, j’en fut tellement choqué que j’ai déclanché mon pouvoir magique sans m’en apercevoir. Quelques minutes plus tard le soigneur ne pus que constater la parfaite guérison du bras de mon père ! Il en fut très impressionné…
Le pouvoir magique avait explosé en moi je ne savais pas trop comment mais je sentais cependant d’autres choses étranges, par exemple l’approche du danger si un animal agressif rode non loin de moi… Je ne savais pas vraiment expliquer par des mots ses sensations là et les gardaient pour moi de peur de passer pour un fou !
Là, au bord de l’étang je ne sentais la présence que d’animaux paisibles, ne représentant pas de menace, j’étais pour l’instant en sécurité mais je ne relâchais pas la veille.

La grenouille était désormais à portée, j’attendais qu’elle soit occupée avec une mouche pour lui sauter dessus et l’occasion se présenta bientôt. D’un bond je surgis les bras en avant afin de me saisir du batracien. Celui-ci se débattit mais d’un coup de poing sur la tête je l’assommais. J’inspectais le fruit de ma patiente chasse, le spécimen était comme je l’avais vu : bien gras, une bonne chaire en perspective ! Mon village n’était pas riche, on aurait même pu le cataloguer comme miteux mais on y mangeait bien, je n’avais jamais souffert de la faim. Je déposais au fond de ma besace en peau d’eunecte la grenouille coasse. De bouger après une si longue immobilité fait tout drôle, les muscles et l’esprit sont engourdis et dans les minutes qui suivent alors qu’on devrait être reposé d’une si longue période de pose, on est au contraire las et fourbus. Je regagnais donc mon village d’un pas mal assuré, les pieds traînant sur le sol boueux. La végétation est dans cette zone principalement composée de roseaux et de massettes, un peu plus loin quand on s’approche de mon village de nombreux joncs viennent entourer quelques arbres-nœuds, seule source de bois de la région. De là où j’avais attrapé la grenouille, il me restait environ une heure et demi de trajet, non qu’en distance je fusse si éloigné du village mais dans les marécages il faut faire de nombreux détours et circonvolutions pour éviter les sables mouvants et les eaux profondes.
Il faut avoir l’habitude de marcher dans un tel endroit, les pièges sont nombreux et il faut avancer d’un pas prudent. Mieux vaut éviter de marcher dans la boue qui colle aux botes et fini par vite fatiguer, les zones de végétation, herbe grasse, roseaux coupés sont préférable.

Après cette longue marche, j’arrivais non loin de Nédulac, tout heureux de ma chasse et contant d’arriver avant que l’orage qui menace ne se mette à gronder et à déverser une pluie abondante. Les habitations sont des pilotis d’environ deux mètres de haut, la base est composée de bois d’arbre-nœud, le reste est fait de bambous et de lianes de cocobon réputées pour leur solidité. Ces pilotis sont disposés autour d’une île se trouvant sur un petit lac à environ une dizaine de mètre du bord. On accède à l’île grâce à un pont. Alors que j’allais arriver en vue du pont je sentis en moi quelque chose me titiller, quelque chose d’anormal… Je ne savais trop quoi penser de cette impression mais elle était désagréable… Je n’en n’avais pas conscience à l’époque mais c’était mon don qui me mettait en garde de la présence d’intrus. A mesure que j’avançais ma gène se faisait plus forte, j’aurai même eu envie de fuir… Ne sachant pas trop pourquoi j’écoutais tout de même mon mal être et quittais le sentier pour me cacher dans les hautes herbes. Discrètement je continuais vers le pont, combattant cette peur inexpliquée qui s’était emparée de moi. Je tendis le cou pour passer la tête au dessus des herbes afin d’apercevoir le pont, un sueur froide monta le long de ma colonne vertébrale… Effectivement quelque chose n’allait pas… C’était même le pire des cauchemars…

Les gnomes ne sont pas un peuple d’érudit ni de combattant, ainsi notre société est très rudimentaire et l’organisation des villages quasi nulle, nous vivions dans une sorte d’anarchie fataliste. Avec un minimum de prévoyance nous aurions pu éviter ce qui était arrivé ce jour là, depuis quelques temps déjà nous avions remarqué quelques patrouilles Shaks s’approchant dangereusement du village et il y avait beaucoup de probabilité pour qu’ils nous aient repéré… Mais au lieu de poster par exemple un guetteur ou de nous préparer au combat, nous avons préféré faire comme si de rien n’était, espérant simplement que notre bonne étoile nous éviterait des déboires… Notre village sans défense était on ne peut plus vulnérable à l’attaque des Sharks, êtres puissants, violents, de deux fois notre taille environ… A savoir qu’ils avaient découverts notre village, nous aurions du fuir plus au centre des marécages là où les Sharks ne s’aventurent jamais… Mais la bordure est plus riche en nourriture car moins peuplée en gnome. Mon village, je le conçoit volontiers, était tombé dans une douce langueur, une facilité de vie auquel les gnomes prudents de nature, ne devraient jamais se laisser aller. Certain gnomes pourraient dire que notre village a mérité ce qui lui est arrivé puisqu’il a oublié les principes minimums du peu de sagesse qu’ont les gnomes à savoir la précaution… Je compris ce jour là qu’une société, même précaire comme la notre, doit obéir à un savoir immémorial forgé sur les forces et les faiblesses des gens qui la composent. Nos faiblesses étant nombreuses, nous devions donc nous appuyer sur une méfiance de tous les instants.
L’attaque des Shaks avait été violente et sans pitié, de nombreux gnomes avaient péris. De là où j’étais je ne pouvais voir les traits de ceux qui avaient péris, la bataille semblait finie et les Shaks avaient rassemblés les rescapés au centre du village. Attachés les uns aux autres avec des lianes de cocobon, une trentaine de survivants tremblaient de tout leurs membres inquiets du sors qui leur serait réservé. Notre communauté comptait une centaine d’individu, donc plus du tiers avaient péris ce jour là… Mon cœur semblait vouloir sortir de ma poitrine, je n’étais pas loin du malaise tant la tristesse et la pression de mon pouvoir magique me tiraillaient. Je savais que ces corps sans vie étaient les gens que je côtoyais depuis ma naissance, des amis, des cousin, peut être même mes parents jonchaient le sol désormais rouge sang.

Accroupis et bien dissimulé par les roseaux, je ne craignais pas d’être découvert, je savais que les Shaks possèdent un odorat surdéveloppé mais le vent soufflait dans une direction opposé. Les larmes aux yeux, j’entendis les cris d’une femme, elle suppliait à ses bourreaux de l’épargner. Plissant les yeux je vis Dessif accroupie par terre, une lance plantée dans les omoplates, visiblement celle-ci c’était défendue grâce à ses pouvoirs sur le feu et avait carbonisé une dizaine d’agresseurs Shaks… Le Shak qui tenait le bout de la lance était comme tout ses congénères : grand environ deux mètres minimum, une peau légèrement écailleuse, d’une couleur virant au vert bleu, de grands yeux jaunâtres, une crête cartilagineuse partant du sommet de la tête jusqu’au milieu du dos, des muscles saillants, des jambes robustes aux pieds palmés. Malgré leur allure pouvant faire penser à des créatures marines, ceux-ci n’étaient pourtant pas à l’aise en milieu aquatique. Sadiquement ce Shak faisait tourner la lance sur elle-même ce qui ouvrait encore plus la plaie de Dessif, le Shak riait et se délectait de la souffrance qu’il imposait à sa victime. J’étais pour la première fois de ma vie confronté à l’horreur de la torture, bien entendu j’avais déjà vu des blessés et des gens souffrir mais jamais de la sorte… Je compris que Dessif servait d’exemple pour montrer aux futurs esclaves qu’ils étaient désormais en leur possession et que toute rébellion contre leur maître serait punie sévèrement dans une torture impitoyable. La portée d’une telle démonstration sur les gnomes est tout à fait efficace et je me doutais bien qu’aucun de mes congénères ne prendraient désormais le risque de bouger le petit doigt.
Dessif n’arrivait même plus à crier, elle poussait juste de petits cris roques, perdant peu à peu connaissance, au final, lassé, le Shak retira la lance de l’épaule et poussa la gnome dans le lac. Elle sombra de suite au fond de l’eau, n’ayant même plus la force d’esquisser le moindre geste. Dessif, cette vieille gnome si gentille et si précieuse pour notre village : grâce à elle les jours d’hivers nous n’avions pas froid, grâce à elle les aliments étaient chauffés et meilleurs et ce malgré l’humidité ambiante… Ma tête entre les mains je me laissais aller à une crise de larme qui dura de longues minutes…

Les goûtes de pleur firent placent à des goûtes de pluie, l’orage grondait. J’étais effrayé, perdu, il me semblait avoir pénétré en enfer, tout n’était que violence et fureur. Le vent s’était levé et soufflait en rafales de plus en plus coléreuses… Les Shaks s’étaient mis à l’abris dans les quelques huttes qu’ils n’avaient pas détruites ou brûlées… les gnomes eux, durent rester accroupis à même le sol, attachés les uns aux autres.
Comme je vous l’ai dit, un gnome est de nature craintive mais moi j’étais différent des miens, alors que mes parents et mes amis m’auraient conseillé de fuir dans une telle situation, m’expliquant que tout était perdu, moi au contraire j’avais envie de profiter de l’avantage que me procurait l’orage pour libérer mon peuple.
Les trombes d’eaux tombant du ciel m’offraient un rideau protecteur pour que des huttes, les Shaks ne m’aperçoivent pas. De plus je pouvais faire autant de bruits que je voulais, le vacarme de la tempête les couvriraient sans peine. Je m’approchais donc du lac et m’y enfonçais dedans, nageant prudemment vers l’île.
L’eau est peu profonde mais il n’était pas aisé de nager car le vent y formait de fortes vagues. Heureusement pour moi que la distance n’était que d’une dizaine de mètres sinon je crois bien que j’aurais fini par sombrer. Je m’accrochais aux poteaux des pilotis pour reprendre mon souffle et mes esprits. Non loin des prisonniers se trouvait une trappe que l’on utilisais pour jeter les déchets dans l’eau, j’avais pour plan de l’ouvrir, de me faufiler parmi mes congénères, de couper leurs liens avec mon canif et de les faire s’échapper par cette même trappe, il me faudrait être discret, mais il semblait que les Shaks trop sur d’eux et craignant l’orage étaient tous entré dans deux huttes un peu éloignées. Avec un peu de chance le rideau de pluie continuerait à me protéger : de leurs abris ils ne pouvaient apercevoir que les silhouettes indistinctes de leurs prisonniers…
Je grimpais le long du poteau le plus proche de la trappe, d’une main je faisais basculer celle-ci vers le haut, je m’agrippais au bord et me hissais avec vigueur sur le sol de la place où les gnomes recroquevillé les uns aux autres, complètement apeurés eurent du mal à comprendre d’où je pouvais arriver. Leur réaction atone fut pour moi une chance puisqu’ils n’esquissèrent aucun mouvement avant que je leur fasse signe de la main de se taire et de ne pas bouger pour l’instant… ils semblèrent comprendre… Je remarquais avec soulagement que mes parents étaient rescapés de la tuerie, mon père saignait mais cela n’était visiblement pas grave. Lentement je passais de gnome en gnome pour les libérer de leur liens, arrivé à ma mère celle-ci, en larme me pris dans ses bras mais je lui fit comprendre que l’on devrait remettre les effusions émotionnelles pour plus tard ! Une fois tous les gnomes débarrassés de leur lien je leur fis signe de se rapprocher doucement de la trappe, ils m’écoutèrent, il sautèrent l’un après l’autre dans les flots déchaînés, à mon grand étonnement ils n’hésitèrent pas trop à le faire, preuve que le risque de noyade était à leur yeux préférable à la torture que leur avait infligé les Shaks… J’avais d’abord fait passer les moins bon nageurs, alors qu’il ne restait qu’une dizaine de gnome je les fis s’arrêter, ils me regardèrent étonnés se demandant pourquoi je ne voulais pas qu’ils s’échappent à leur tour je leur fit signe d’attendre un peu… je craignais qu’ils ne m’écoutent pas et qu’ils sautent dans la trappe quand même… Pourtant j’avais encore besoin de cette dizaine de gnomes car des huttes j’étais sur que les shaks avaient encore l’impression que rien n’avait changé, avec cette forte pluie qui rendait tout flou, une dizaine ou une trentaine de personne ne faisait pas vraiment de différence, ils ne voyaient qu’une masse de corps informe… Là se jouait la réussite totale de mon plan, bien entendu, si les Shaks s’apercevaient de quelque chose à cet instant un bon nombre de mes conjenaires arriveraient à leur échapper mais mon ambition était non seulement que l’on en réchappe tous, mais également qu’on se venge d’eux… Je pris un seau de graisse de Bulgum, un gros mammifère placide vivant dans les lacs les plus profonds des marécages, cette graisse je le savais avait la particularité d’être très inflammable et malgré la pluie si j’arrivais à l’allumer rien ne pourrait l’éteindre avant de longues minutes… je pris également deux gros morceaux de bambous qui gisait par terre, vestige d’une hutte détruite par la violente attaque des Shaks. Je rampais alors vers les huttes, la dizaine de gnomes encore présent ouvraient de grands yeux se demandant si je n’avais pas perdu la tête, ils semblaient hésiter entre sauter et attendre que leur sauveteur leur en donne l’ordre… Il fallait que je fasse vite car je me doutais qu’ils finiraient pas céder à la panique. J’arrivais tout au bord de la première hutte, collé à celle-ci, je ne risquais plus que les Shaks m’aperçoivent, il suffisait juste que je me baisse pour éviter les ouvertures. Je pris le premier morceau de bambou et le plaça contre la porte pour qu’il bloque celle-ci, je versais ensuite de la graisse tout autour de la hutte. L’autre hutte jouxtant celle-ci il me fut aisé de répéter mon opération. Le toit des deux huttes se touchaient se qui offrait un petit coin un peu abrité du vent et de la pluie, c’est là que je déposais le seau de Bulgum et que je me saisis d’un allume feu qu’avait confectionné pour moi la regretté Dessif. Je songeais à cette pauvre gnome qui aurait été heureuse que sa création puisse permettre de peut être sauver le village… La flamme pri rapidement de la vigueur, désormais il me fallait fuir rapidement, je fis signe aux autres de sauter ce qu’ils firent sans demander leur reste.

Le feu se propagea à une vitesse fulgurante autour des huttes, les Shaks ne comprenaient pas ce qui arrivait, ils durent croire que la foudre s’était abattue sur eux, ils tentèrent d’ouvrir les portes mais elles résistèrent assez pour que le feu gagne l’intérieur et fasse un carnage, Nous étions encore trois à devoir sauter par la trappe vide ordure quand le seul Shak rescapé fit son apparition derrière nous… Son corps n’était que boursouflures et brûlures, la douleur qui irradiait de sa peau à vif ajoutais de la folie à sa fureur… Je m’interposais face à lui pour laisser aux autres le temps de s’enfuir. Le Shak avait une lance à la main, je ne savais pas si c’était lui qui avait tué Dessif, pour moi les Shaks se ressemblent tous, mais j’aime à croire que c’était lui… Il était rapide et fort, mais j’avais pour moi l’avantage d’être petit ce qui ne lui facilitait pas la tache car il ne semblait plus y voir très clair, le feu avait sans doute abîmé sa vue. Il fouettait l’air vigoureusement avec sa lance, plusieurs fois celle-ci me rasa mais à chaque fois j’arrivais à me contorsionner pour l’éviter de justesse. Je songeais alors que j’avais sur moi mon canif, j’ouvris la besace pour m’en saisir alors qu’emporté par son élan, le Shak m’offrit un peu de répit, j’essayais d’attraper mon arme mais ne trouvais d’abord que la grenouille coasse, plutôt que continuer à fouiller je la lançais sur mon agresseur et l’atteignis en plein visage, cela ne lui fit sans doute pas bien mal mais l’animal visqueux et dégoulinant resta plus ou moins collé au visage de mon agresseur. Le temps qu’il s’en débarrasse, cela m’offrit un nouveau répit pour que je saisisse bien cette fois ci mon canif. Je me jetais alors aux pieds du Shak et lui plantais mon canif dans le tendon d’Achille pour le sectionner. La brute hurla et s’effondra au sol mais à mon grand malheur réussi à m’attraper par un bras… Il avait lâché son arme mais il lui restait son poing qu’il utilisa pour me frapper au ventre, je me tordis en deux puis je sentis mon bras prisonnier prendre une drôle de position et craquer d’un son lugubre. Je n’allais pas tarder à perdre connaissance quand dans un dernier réflexe je fouettais l’air avec mon couteau qui par chance se ficha entre les deux yeux de mon adversaire. Le Shak mourut sur le coup. Je n’en fus même pas soulagé tellement je souffrais, de plus, la pluie s’était calmée et le feu gagnais du terrain, il me fallait à tout pris fuir le village en proie aux flammes. Je ne sais pas trop comment je réussi à sauter dans le lac et encore moins comment je puis regagner la berge de celui-ci, pourtant j’y suis arrivé et non seulement j’y suis arrivé mais à mon grand étonnement ma fracture du bras avait disparue ! Décidément j’avais de sacré dons de guérisseur pensais je avant de m’évanouir de fatigue !

Je ne me suis réveillé deux jours plus tard, j’étais couché sur un lit fait de fougères et de mousse. Les survivants avaient monté un campement de fortune afin de se donner le temps de se soigner et de récupérer de toutes ces émotions. Mon abris était sommaire, genre de cabane faite de branchages et de feuilles de fougères géantes. Pourtant près des miens je me sentais apaisé et bien, visiblement mon corps n’avait aucune séquelle du combat. Ma mère me voyant éveillé cria à mon père : Grady, viens, le petit a repris connaissance ! Dans l’encadrure de ce qui servais de porte à notre masure je vis le visage de mon père apparaître, il me lança un regard plein de fierté et dit à ma mère : je t’en pris Bénédis, n’appelle plus Granédis comme cela, je pense que ce n’est plus un petit désormais… Derrière mon père je vis d’autres têtes apparaître tous avaient un visage respectueux à mon égard, je leur avais sauvé la vie à tous et malgré mes quinze ans, ils me considéreraient désormais comme un adulte.



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histoire gratuite Le récit de Granédis

 

Très impressionné. J'ai beaucoup aimé. Je suis sûr d'une suite et je l'attends avec impatience.

 





   
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