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Halganah. Chapitre 1

Auteur de recits


Récit écrit par Diamantina.
Auteur femme.



histoire publiée le 18-05-2012
Catégorie :Romans, Nouvelles, Micronouvelles, Récits historiques
Histoire 8333-d289

Titre : Halganah. Chapitre 1

Roman aventure  Animaux  Angoisse 
 
 

Halganah. Chapitre 1


Personne ne peut prétendre avoir eu le temps de tout accomplir dans sa vie. Tout
au long, notre existence sera parsemée d’objectifs. Mais avant d’atteindre chacun de
ces sommets, il faudra toujours en avoir gravi la pente, aussi raide qu’elle soit. Il
arrive souvent de trébucher sur une pierre pendant l’ascension, de perdre espoir, de
trouver le bonheur trop haut pour pouvoir l’obtenir. Mais renoncer devant la
difficulté est la plus grande erreur de l’Homme.




Chapitre I



La ville était en pleine effervescence. Elle bouillonnait de voitures, des
piétons, une foule agitait les rues en cette après-midi d’automne. Sur la plus grande
place de la ville, des forains avaient pris place, justifiant sûrement cette abondance
de personnes.
La foule se pressait autour des attractions, des gamins riaient, hurlaient leur
joie, des vendeurs ambulants vantaient leurs marchandises haut et fort. Un brouhaha
continu s’élevait au-dessus de ce flot de personnes. Les couleurs chatoyantes des
ballons, des stands étaient éblouissantes et le bruit devenait insupportable.
Au-delà de cette agitation, plus loin encore que les immeubles des bas-quartiers,
on pouvait profiter d’une vue panoramique sur les montagnes environnantes, qui
formaient une sorte de cuvette autour de la ville. Elles s’élevaient si haut qu’elles
semblaient toucher le ciel. Quant aux oiseaux, ils ne semblaient plus que griffures
lointaines.
Mais tout le monde ne pouvait profiter de cette merveille. Dans le Chaos de la
foire, cachée derrière un manège et hors de vue de la foule, une jeune fille avait le
front plissé d’anxiété. Ses yeux verts perçants scrutaient nerveusement les alentours.
Des cris et des rires environnants, elle n’entendait rien, mis à part le battement de
ses temps à une vitesse fulgurante. Elle était aux aguets : ses poursuivants pouvaient
l’apercevoir à n’importe quel moment. Ses mains agrippèrent la toile derrière elle. De
toutes les périlleuses situations où elle s’était trouvée, jamais elle ne s’était
sentie autant en danger, ainsi exposée. Aujourd’hui, elle était comme le chevreuil au
milieu d’un champ sans arbre ni rocher, encerclé par des chasseurs.
Soudain, un claquement sourd retentit, et la toile au-dessus de sa tête se perça
d’un trou. Elle retint un cri. Elle se trouvait dans un lieu presque abandonné de la
foire, entre un manège hors-service et des caravanes d’artistes. Personne ne pourrait
l’aider, elle devra se débrouiller toute seule. Un autre claquement retentit et ne
faisant ni une, ni deux, la brave fille se jeta à terre. Elle roula sur elle-même
jusqu’à se trouver à l’abri sous une caravane en pitoyable état.
L’étrange aventurière comprit, trop tard hélas, que le danger venait de tout
côté. Sans avoir eu le temps de reprendre son souffle, un aboiement féroce se fit
entendre.
Ce qu’elle redoutait le plus était arrivé : ses poursuivants étaient venus avec
un chien ! Elle aurait beau se cacher, l’animal la flairera où qu’elle soit. Il
fallait qu’elle agisse, et vite.
S’extirpant de sa posture inconfortable confinée sous la caravane, elle réapparut
à la lumière du jour. Eblouie, elle mit quelques secondes à apercevoir le doberman qui
courait vers elle. La jeune fille aux cheveux sombres poussa un cri déchirant, qui
continua de résonner dans sa tête longtemps après qu’il se fut éteint.
Dans un élan, elle tira sa dague dissimulée sous sa veste. Elle la gardait
toujours sur elle, simple mesure de précaution, depuis le temps où on avait que trop
tendance d’en vouloir à sa peau. Le chien se rapprochait. Plus que quelques pas la
séparaient de la mort.
Puis le monstre se jeta sur elle, elle tomba en arrière sous le poids de
l’animal. Sa le soleil restait haut dans le citête cogna le sol, le noir l’engloutit.

Tout son corps pesait à la jeune fille, comme écrasé par un tronc d’arbre. Elle
mit quelque instant à se souvenir la dernière chose qu’elle avait vue : cet horrible
chien bondir sur elle. Elle essaya d’entrouvrir les yeux, mais la lumière
l’éblouissait trop pour cela.
« Je dois être au Paradis, songea-t-elle. Il paraît que la lumière y est
éblouissante, parce que tout est blanc, là-bas… »
Dans un effort considérable, elle ramena son bras droit le long du corps. Une
douleur lancinante irrigua son épaule, comme si elle avait été lacérée par des
griffes.
« Donc, première chose, la douleur existe encore au Paradis »
Ses yeux arrivèrent enfin à s’habituer à la lueur. Avec presque de la déception,
la jeune fille vit le ciel, les nuages, elle sentit la brise… tout était normal. Elle
n’était apparemment pas encore au Ciel. Elle baissa les yeux, et découvrit avec dégout
le doberman sans vie, rougi par son propre sang, allongé sur son torse. Sa dague
s’était plantée dans le poitrail de chien, le tuant sûrement sur le coup. Quant à
l’épaule douloureuse de la jeune fille, elle s’expliquait visiblement par un coup de
croc que l’animal avait eu le temps de donner. Elle s’assit en poussant le corps du
chien. La blessure de son épaule était douloureuse, mais superficielle.
Elle ignorait l’heure, mais le soleil restait haut dans le ciel. Elle devait
rentrer, avant que sa grand-mère ne s’inquiète.
Sa grand-mère… elle-même la trouvait bien mystérieuse. Toujours à faire plein de
cachoteries, il était impossible de deviner ses sentiments. Son visage n’évoquait
jamais rien. C’était tellement agaçant parfois ! Qu’on lui annonce la mort d’un proche
ou une naissance, toujours la même expression digne ! Comme si son visage n’était
qu’en fait un masque de théâtre. En tout cas, sa petite-fille avait fini par en
arriver à cette conclusion.
Elle se dirigea vers les cris et les rires des enfants et arriva dans une foule
oppressante. Toujours aux aguets, comme à son habitude, elle vérifiait qu’on ne la
suivait pas.
Elle passa devant tant de stands… l’envie de s’arrêter à l’un d’eux la
tiraillait, mais elle ne pouvait pas se permettre de s’amuser alors qu’elle était en
danger. Et sans compter son épaule ensanglantée qu’elle essayait désespérément de
cacher sous son blouson. Il faudra qu’elle trouve une excuse plausible à servir à sa
grand-mère.
L’adolescente commençait à ressentir la faim, avec toutes ces odeurs de
gourmandises que proposaient les marchands. Voilà peut-être une dizaine d’heures
qu’elle n’avait rien avalé, et elle avait tant besoin de reprendre des forces.
Les parfums alléchants l’emportèrent, et l’affamée s’approcha d’un étal haut en
couleur. Sans hésitation, elle demanda un pain d’épice à un homme dont l’embonpoint
était invraisemblable. Sa grosse bouche était surmontée d’une fine et longue moustache
noire, assortie d’épais sourcils. Elle saisit de l’argent dans son énorme sac à dos,
prit sa nourriture, et alla s’assoir sur un banc libre. Avant de commencer à croquer
dans son petit pain, elle jeta un bref coup d’œil aux alentours : à force d’être
poursuivie sans cesse, c’était devenu une habitude pour elle d’inspecter les personnes
autour d’elle. Elle commençait à être expérimentée en matière de survie. Ses yeux de
vipère ne remarquèrent rien d’inhabituel : des gamins jouaient, deux tourtereaux
étaient assis sur la banquette voisine, des personnes âgées observaient tout, sûrement
que cette agitation leur rappelait leur tendre enfance, quand ils jouaient au cerceau
ou au cheval de bois.
Ses dents blanches mordirent avec empressement dans la friandise. Heureuse, elle
souffla pour elle-même à voix basse :
« Enfin une vie normale, comme n’importe qui de mon âge ! Je ne me rendais plus
compte comme c’était agréable de plus ressentir l’angoisse ou la peur ! »
Elle ferma les yeux. La douce brise d’automne vint caresser sa joue, soulever
délicatement ses boucles sombres. Toutes les épreuves qu’elle avait dû surmonter
jusqu’à présent lui semblaient balivernes. Elle aurait voulu rester assise ici
éternellement, à rester écouter les éclats de rires et les exclamations de joie.
Quelques mètres derrière elle, un homme l’observait, un rictus malveillant sur
le visage.
« Cette fois je ne vais pas la rater, pensa-t-il, elle n’aura même pas le temps
de s’en rendre compte… »
Sa main habile se glissa sous sa veste, et en retira un objet noir, meurtrier :
une arme. Malgré la foule et l’agitation, personne ne fit attention à lui. Mais
quelque chose le dérangeait : la foule fixait, dévisageait étrangement sa victime… Il
ne voyait celle-ci que de dos, pourtant elle ne faisait rien d’inhabituel. Elle était
immobile, bien resserrée dans son manteau. Elle avait même mis sa capuche, ce qui
l’étonna. La pluie ne menaçait pas. De toute façon, quelle d’importance ! Il ne
manquerait pas une occasion comme celle-là, aussi curieuse qu’elle soit ! Le tueur
chargea discrètement sa petite arme, un pistolet silencieux, et visa soigneusement sa
proie qui ne bougeait pas d’un pouce. Il mit son index sur la gâchette, tout en
pensant que c’était vraiment trop facile.
« Adieu, Halganah, tu vas maintenant aller rejoindre tes parents. »
Il appuya sur la gâchette.



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