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Message d'Altésarus

Auteur de recits


Récit écrit par Occam.
Auteur homme.    Contacts de l'auteur : patricemaupouyahoofr



histoire publiée le 02-12-2014
Catégorie :Fantastique, SF, Fantasy, Uchronie
Histoire 8480-o72

Titre : Message d'Altésarus

SF anticipation  Apocalypse  Morale 
 
 

Message d'Altésarus


1. Derniers doutes

- Bien que le conseil d'administration vous ai donné le feu vert et les fonds nécessaires, je persiste quand même à affirmer que cet argent aurait été mieux dépensé autrement. Vous n'ignorez certainement pas que le budget de la recherche spatiale est réduit à portion congrue, ces temps-ci.
David, vous rendez-vous compte qu'il s'agit du premier contact avec un artefact d'une civilisation extraterrestre, cela fait des années que nous cherchions si une autre civilisation avancée peuplait l'univers. Pensez à la somme de connaissances que nous pourrions y trouver.

- Mais l'objet détecté par les sondes que nos astronautes se préparent à aborder ne présente pas la moindre signature thermique ni d'activité électrique d'aucune sorte, c'est probablement une capsule morte depuis longtemps qui dérive dans l'espace. Le budget nécessaire pour amener notre fusée près de cet engin est déjà astronomique, sans jeu de mots, et nous avons la chance d'avoir développé à temps le moteur ionique nous permettant d'atteindre la vitesse nécessaire. Je reste persuadé que nous n'en apprendrons rien qui puisse justifier l'argent dépensé pour cette mission.

- S'il s'agit d'un vaisseau spatial, il navigue probablement depuis très longtemps, peut-être même des milliers d'années, et il est probable que ses sources d'énergies soient complètement épuisées, je vous l'accorde volontiers. Cependant, rien ne permet de penser qu'il ne contient rien d'intéressant, ses concepteurs n'ont certainement pas lancé un gadget futile pour le plaisir ! Mais les dés sont jetés et notre équipe va bientôt tenter de pénétrer à l'intérieur, alors cessons de nous chamailler inutilement ...

Le bruit des voix diminue à mesure que le couloir débouche sur la porte vitrée du grand hall illuminée par le soleil extérieur. Au-delà s'étend une pelouse arborée avec quelques bâtiments lisses disséminés sur toute l'étendue du complexe scientifique.

2. La capsule

L'ordinateur de bord maintenait une parfaite synchronisation entre le vaisseau et la petite capsule qui semblait flotter à moins de dix mètres du vaisseau. Les deux astronautes en scaphandre blanc progressent très lentement vers l'engin noir non identifié sous la supervision du commandant de bord. Leurs semelles magnétiques vinrent se fixer doucement sur la coque noire et lisse.

- Contact établi, Suzan. Pour l'instant, il n'y a pas de comité de réception pour nous accueillir.

- Évitons d'utiliser le chalumeau si nous le pouvons. Cherchez une aspérité quelconque qui fasse penser à une poignée ou un moyen d'ouverture.

- Nous voyons beaucoup de traces d'impacts mais la coque semble épaisse et a visiblement bien résisté.

- Il n'y a pas non plus de capteurs extérieurs ni d'antennes, ou alors ils sont incorporés à la coque. Et de toute évidence, pas de panneau solaire non plus.

- Max, regarde s'il n'a pas une sorte de joint délimitant une entrée quelconque.

- Oui, je vois un peu plus haut tracé d'une ligne fine de forme ovoïde qui pourrait être une entrée et au centre le dessin d'une sorte d'anneau incrusté dans le métal.

Irvin rejoint son équipier pour tenter de comprendre le mécanisme d'ouverture. A travers le hublot d'observation, ses mouvements lents et calculés paraissent s'éterniser.

- La texture du métal est différente au milieu de l'anneau. Je vais appuyer sur le symbole qui est dessiné.

Durant un long moment, rien ne se passe, puis l'anneau apparaît progressivement en relief pour finalement se détacher nettement de la coque. Les deux astronautes le font alors tourner dans le sens de moindre résistance. L'entrée supposée se soulève doucement et un peu de gaz s'échappe de la jointure. Avec de grandes précautions, les deux hommes dégagent complètement l'entrée.

- Max, tu vas entrer mais je veux qu'Irvin reste à l'extérieur au cas où il y aurait un problème. Ne tentez rien qui soit risqué, compris ?

- Compris, commandant, je démarre la caméra et j'entre ...
- Je suis maintenant dans une pièce circulaire unique que je comparerais à une petite bibliothèque, à en juger par les rayonnages qui occupent la totalité du mur. Le centre de la pièce est surélevé et une châsse en verre ou cristal contient des plaques de métal gravées. Il n'y a aucun organisme ni vivant ni mort à l'intérieur.

- Nous allons devoir transférer tout ce qui paraît avoir de la valeur à bord du vaisseau, tout examiner sur place prendrait trop de temps, il nous faudra déjà un mois au minimum pour retourner sur Terre. Vous allez vous relayer par équipes de deux pour organiser une navette entre les appareils. Les documents seront scannés et transmis à la base, tout doit être terminé dans quatre heures. Au travail !

3. La conférence

Dans l’amphithéâtre bondé, le directeur du projet, Robert Karth, tapote le micro qui crachote un peu, en partie pour le tester, et en partie pour tenter d'obtenir un silence relatif. Il obtient finalement l'attention après un dernier raclement de voix imitant le tonnerre.
- Comme vous le savez tous maintenant, le message que nous avons trouvé dans la capsule a été décrypté. Les nombreux schémas avec leurs légendes ont permis à nos linguistes de maîtriser le langage de cette espèce, et le texte que je vais vous lire est le résultat de leur travail. Je tiens à féliciter l'équipe du docteur Joan Lhen pour la rapidité et l'efficacité de son travail (applaudissements du public).

- Il apparaît maintenant qu'il s'agit du testament d'une espèce probablement disparue, qui vivait sur la troisième planète du soleil d'Altésarus, à cent cinquante années-lumière de notre soleil. D'après nos spécialistes, l'engin que nous venons d'intercepter a voyagé près de deux mille cinq cents ans avant de pénétrer dans le système solaire où une sonde a pu le détecter. Voici la teneur du message.

«  Nous, les derniers savants d'Altésarus, réunissons nos compétences pour envoyer ce témoignage avant la disparition prochaine de notre espèce, les Altériens. Peut-être en tirerez-vous profit pour vous-même, nous ne pouvons pas le savoir, mais nous aurons au moins envoyé une bouteille à la mer dans une dernière tentative désespérée.

Le climat tempéré de notre planète favorisa l'assemblage de molécules de plus en plus complexes puis l'apparition d'organismes unicellulaires autonomes. Les premières plantes prirent ensuite possession des sols et d'autres espèces plus mobiles s'en emparèrent pour leur alimentation. L'évolution s'accéléra, chaque mutation réussie apportant un avantage sur une autre espèce, l'équilibre écologique devint extraordinairement varié et compliqué.

Les premiers représentants de notre espèce n'étaient pas particulièrement bien équipés pour la survie, notre corps n'étant spécialisé ni pour courir rapidement ni pour tuer efficacement. Mais nous avions hérité d'organes préhensiles qui orientèrent notre évolution vers une compréhension de plus en grande du monde qui nous entourait.

Le développement de notre intelligence nous permit de fabriquer des armes de plus en plus perfectionnées qui assurèrent notre domination sur les espèces semblables à la nôtre, bientôt, aucun obstacle ne put s'opposer à notre expansion planétaire et notre population commença à augmenter rapidement. Mais la compétition pour la possession des meilleurs territoires fut féroce, il devint progressivement évident que ce qui n'était encore jamais arrivé s'était finalement produit, nous étions devenus nos propres prédateurs !

Pendant des centaines de cycles solaires, avec le perfectionnement incessant des techniques, la situation ne fit qu'empirer et des groupes entiers furent exterminés sauvagement. Les Altériens épouvantés ne purent trouver de parade à ces massacres répétés, beaucoup se réfugièrent alors dans la spiritualité. En seulement un millier de cycles solaires, ils inventèrent toute une gamme d'êtres supérieurs censés les guider et se porter témoins de leur vie et de leurs actions. Certains d'entre eux prônaient un détachement vis-à-vis des biens matériels et se confinèrent dans leur espace intérieur, tandis que d'autres étaient plus agressifs et voulaient imposer leur vérité.

La puissance de destruction atteinte par la technologie était devenue telle qu'une trêve fut déclarée avec la création d'un organisme chargé de veiller à son application. Pendant un bref instant à l'échelle du cosmos, nous connûmes l'âge d'or, les découvertes se succédaient, les maladies étaient éradiquées et la vie devenait de plus en plus longue et agréable.

Mais la démographie devenait toujours plus importante, de multiples conflits témoignaient de la pression qui menaçait ce fragile équilibre. En l'espace d'une centaine de cycles solaires, les Altériens constatèrent que leurs libertés s'étaient réduites comme une peau de chagrin. L'information transformée en propagande avait beau glorifier les valeurs de solidarité, chacun voyait bien que l'agressivité prenait des proportions alarmantes et qu'il fallait se méfier de plus en plus des autres. Pour éviter un embrasement général, les hauts dirigeants n'eurent d'autre choix qu'une surveillance généralisée de la population qui n'eut pour effet qu'une régression sans précédent des libertés individuelles.

L'augmentation continue de la population élargit de plus en plus le fossé entre la classe possédante et les autres. Par la simple loi des grands nombres, il suffisait de vendre un seul article à la planète entière pour voir ses gains s'envoler, alors qu'au contraire celui qui était employé devait subir une concurrence effrénée lui permettant à peine de vivre. On vit se construire des enclaves sécurisées accessibles uniquement aux castes supérieures. Le mécontentement et la frustration allaient croissant.

Avec la découverte de l'extrême longévité, les inégalités devinrent de plus en plus intolérables. Certaines régions de la planète, dans un élan généreux, permirent à tous d'accéder à une quasi immortalité. Hélas, ce ne fut possible qu'avec une stricte régulation des naissances, il n'y eut pratiquement plus d'enfants, les habitants de ces régions perdirent peu à peu le goût de vivre et finirent par disparaître. Dans les autres contrées, ces soins demeurèrent l'apanage des classes possédantes, mais le résultat ne fut pas meilleur. Des révoltes sporadiques que les forces de sécurité avaient du mal à contenir éclatèrent partout.

La plupart des autres espèces avait disparu et l'équilibre climatique était dorénavant profondément perturbé. La communauté des savants avait tiré la sonnette d'alarme depuis longtemps, mais personne ne voulait changer ses habitudes. Il est désormais trop tard pour agir, nous savons que les prochaines vagues de chaleur seront de plus en plus mortelles et que nul ne pourra y échapper.

Ce petit vaisseau que nous envoyons dans l'espace contient les connaissances des altériens, gravées sur un support à l'abri des épreuves du temps. C'est avec tristesse que je place ce message au centre de la capsule avant d'en fermer définitivement l'écoutille d'accès. Qui que vous soyez qui lisez ce message, puissiez-vous ne jamais connaître notre sort ! »

Un moment de silence accueillit les derniers mots prononcés, puis les journalistes présents se regardèrent, en se demandant comment présenter leur papier de manière distrayante. Le flot humain se déversait bruyamment vers les cafétérias et les téléphones cellulaires vibraient partout, petit à petit la vie reprenait ses droits.




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