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C'était Old Town - Prologue

Auteur de recits


Récit écrit par CorvoBane.
Auteur homme.    Contacts de l'auteur : roussel815hotmailfr



histoire publiée le 07-01-2015
Catégorie :Romans, Nouvelles, Micronouvelles, Récits historiques
Histoire 8500-c613

Titre : C'était Old Town - Prologue

Roman noir  Urbain  Vengeance 
 
 

C'était Old Town - Prologue


L'air glacé de East Haven s'infiltra dans les poumons de Nikolaï. Un instant, il profite du calme plat de la nuit et ferme ses paupières, jouissant du silence de la rue déserte. Les discussions de ses «collègues» ne l’intéressent pas. Ils sont trop bruyants, trop gras, juste trop cons peut-être.

Nikolaï n'avait que très peu de choses communes avec les hommes braillant dans la bâtisse de briques rouges située derrière lui.

Il savait qu'il avait fait une erreur, qu'il n'aurait pas dû demander l'aide de son frère, qu'il aurait dû refuser ce «boulot en or».

Mais la vie d'un chauffeur de taxi à Old Town n'est pas une sinécure et quand le temps de payer les factures est venu soit on paye, soit on fini comme un sac de brindilles dans un sèche linge.
Nikolaï était un des innombrables cocus du rêve américain.
Lui, ses parents, son frère avaient quittés l'Ukraine pour le charme spartiate des bidonvilles d'Haven il y a maintenant 27 ans.

Quand ils étaient arrivés, Old Town était une ville à l'industrie automobile et sidérurgique florissante.
Les hauts-fourneaux crachaient l'acier et les flammes et des caisses au chromes rutilants sortaient par centaines des usines.

C'était une bonne époque pour bosser dans l'industrie, papa faisait de l'assemblage chez Ford et maman était secrétaire chez Cadillac. La vie n'était pas dégueue et finalement plutôt heureuse dans les souvenirs de Nikolaï.

La petite famille avait réussie à s'installer à Rail Road Avenue dans un petit appartement au dessus de la boutique d'un libraire au numéro 12. Le loyer était payé rubis sur l'ongle, la nourriture était servie à 19 heures tout les soirs.
Bref, la vie filait son cours dans un esprit d'entreprise et de consumérisme tranquille.

Et la suite, ai-je vraiment besoin de vous la conter?

Les usines ferment ou sont délocalisées.
Papa perd son boulot et n'en retrouve pas, pour maman, ça va, les secrétaires trouvent encore du travail.
Papa se met à boire et le salaire de maman ne suffit plus à payer le loyer.
Papa tombe des quais de Wallrock Coast un soir de cuite et se noie.
Maman fait une dépression et n'ait bientôt plus capable de travailler.

Les frères Inov sont ballottés de familles d’accueil en familles d’accueil.
Le plus jeune, Sven se fait de amis dans le milieu et se trouve être un petit génie du crime organisé. Nikolaï obtient sa licence et devient chauffeur de Taxi.
Après pas loin de vingt ans, les choses n'avaient pas beaucoup changés, si ce n'est que Sven avait pris du galon.

Maman est morte du cancer, elle n'avait pas d'assurance.

Ce n'était pas la première fois que Nikolaï demandait du travail à son cadet et il savait que ce ne serait pas la dernière.
La vie avait été une chienne avec la famille Inov et les miracles s'arrêtaient aux portes de Old Town.

Le silence de la rue vidée de ses badauds fut soudain troublé par un l'écho d'un refrain étêtant, sifflé au loin dans d'imperceptibles ténèbres.
Le son se rapproche doucement, c'est comme tourner le bouton du volume d'une veille radio.

Au bout de la rue, une silhouette passe sous la lumière blanche d'un lampadaire.
Cette silhouette avance lentement, d'un pas calme et posé, les mains enfoncées dans les poches d'un long manteau en cuir.
Elle plonge dans les ombres et réapparaît, nimbée dans un halo de lumière blanche à chaque lampadaire.

Nikolaï était captivé par l'image de ce marcheur solitaire glissant sur le sol, apparaissant et disparaissant dans noir, semblant déchirer la nuit de son sifflement agaçant.

Cela paru durer une éternité mais bientôt, la silhouette devint un homme arrivé à hauteur de Nikolaï. Le marcheur se stoppa net, dans sa marche et dans sa mélopée horripilante. Sans tourner la tête, il observait Nikolaï du coin de l’œil.

Nikolaï senti le temps se figer. Ce noctambule à l'allure étrange était là, au milieu de l'asphalte, immobile, inondé d'une lumière pâle et immaculée. Les traits rendu imperceptible par un contre jour artificiel.

Nikolaï sentait un regard lourd et incisif le percer jusqu'aux tréfonds de son être. Il senti son estomac se nouer. Il voulût crier pour avertir ses «amis» mais aucun son ne sorti de sa bouche ouverte.

D'un mouvement souple et gracile l'homme pivota.

L’aîné des Inov eu le temps d’apercevoir les deux cylindres d'un calibre de chasse.
Avant qu'il n'ait eu le temps d’esquisser un geste de la main pour saisir le .22 finalement bien désuet planqué dans la poche de sa veille veste, élimée par le temps, le double canon cracha une pluie mortelle de plombs brûlants.

Les projectiles atteignirent le vieux serbe en pleine poitrine déchirant sa chair et brisant ses os dans un vacarme formidable.

Nikolaï fut projeté contre la porte de la planque avec une force terrible. Il se tordit, essayant en vain de rester debout. Mais bien vite, il se laissa glisser le long de la porte au métal froid et rouillé.
Le plus malchanceux des chauffeurs de Taxi de cette nuit glacée sentit la vie s’extirper de sa carcasse mutilée.
C'était fini, Nikolaï était mort. Là, assis dos à cette maudite porte.
Le torse béant, éviscéré par chirurgie au calibre.12

Cette nuit, ça allait recommencer. Ça devait recommencer. Parce que c'était nécessaire.
Parce que c'était dans l'ordre des choses.

Le premier coup de feu est le glas qui annonce le début d'un massacre exquis.
Sans se précipiter, Korban vînt ce placer à droite de la porte et leva le bras, pointant le vide de sa machine de mort à hauteur d'homme.

La porte, poussée de l’intérieure par l'un des collaborateurs du cadavre tout frais, s'ouvrit non sans difficulté. Un corps, surtout inerte pèse son poids.
Obéissant à son instinct, le marcheur tira à travers la porte d'acier qui lui faisait maintenant face.
La chevrotine passa au travers la porte comme si il eut s'agit de palettes, emportant au passage le crâne du nouveaux venu qui éclaboussa la brique rouge du vieil entrepôt désaffecté.

Sans perdre un instant, Korban se retourna pour emprunter la ruelle de droite faisant le tour de l'ancienne Bâtisse.
Dans un pas rapide,il rechargea son précieux fusil sans perdre un poil de sa vitesse.
«Chtonk», «Chtonk» le bruit de deux cartouches glissées dans les longs cannons métalliques.
Korban ne se lassait jamais de ce bruit.
Il se retrouva à l'arrière du bâtiment face à une grande vitre au verre salit par le temps.
Le spectacle devant ses yeux le fit légèrement sourire: deux hommes pointaient leurs armes de poing face à la porte mis close qui semblait avoir emportée leur deux compatriotes.

L'assaillant recula de quelques pas, pris son élan et sauta à travers la vitre. Avant de toucher le sol, il ouvrit le feu sur le type de gauche, il atterris en une roulade et se laissa glisser sur le parquet poussiéreux. Il arriva juste au niveau du second homme de main qui n’eut pas même le temps de se retourner en direction de la fenêtre brisée avant que ses tripes ne s'envolent dans une pluie macabre, éparpillées par un tir provenant du sol.

Sans se relever, Korban rechargea à la vitesse de l'éclair et pointa son arme en direction de la seule autre ouverture de la pièce, l'entrée d'un bureau resté silencieux depuis le début des hostilités.

Doucement, il se glissa près du corps le plus proche et sans un bruit, lui délassa une chaussure.
Il ne put s’empêcher de remarquer que son feu propriétaire avait un certain goût en matière de cordonnerie de luxe.

Dans un silence de cathédrale, Korban se leva et alla ce placer à la gauche de l'encadrement menant à la petite pièce.
Il prêtât une oreille des plus attentives au moindre bruit provenant du bureau.

Après avoir inspiré longuement, il lança le dispendieux soulier dans la pièce suspecte. La réplique ne ce fit pas attendre. Une pluie de balles frappa le mur auquel il faisait dos; suivi d'un bruit haut combien prophétique d'une mort proche: Celui d'une gâchette à pressée répétition malgré un chargeur vide.

Korban pénétra dans la pièce, un jeune homme paniqué tenait un Uzi et ne cessait de presser la détente malgré l'absence des plus totale de balles dans la chambre.

-Le problème avec ce genre d'arme automatique de petit calibre, c'est... qu'il n'y a aucune chance de percer un mur en brique comme celui là et entre de mains peu aguerries les balles partent très...très vite.
-pitié...pitié...pitié...
Le gamin pleurait maintenant à chaudes de larmes, d'une voie balbutiante, il répétait inlassablement dans un supplique, un appel à l'humanité de l'homme qui était face à lui, se simple mot porteur de toute la détresse du monde.

Mais Korban n'était pas un être doué de morale ou de bonté, plus depuis longtemps. Dans une petite expiration et un léger sourire il dit simplement «non».
D'un geste rapide, il leva le bras et tira dans la foulée. Le coup de feu arracha la moitié supérieure du crâne du jeune homme. Son corps sans vie tomba à terre, dans une chute atroce et grotesque.

Korban ne s’attardât pas sur les cadavres qu'il venait de laisser derrière lui.
Il saisit la mallette d'acier renforcée, reliée de cuir posée sur la table.
Il aperçu, gravé dans le cuir, le filigrane «Herdstone&Sons», une famille de petits artistes de la manufacture du cuir tenant boutique à Grand North.
Lui, il se moquait bien son contenu. Elle voulait la mallette. Elle le lui avait demandé à lui, son chien de garde, son prétorien, sa marionnette, son ami.

C'était une de ses nuits d’hivernales et glaciales de Old Town, une nuit où des monstres fantasmagoriques sortent de la brume.

De son pas calme et posé, Korban quitta le vieil entrepôt vidé de toute sa population, posa pied sur l'asphalte verglacé et inspira longuement l'air nocturne avant de s’enfoncer dans les ténèbres de cette rue déserte d'East Haven avec en main un objet qui saurait illuminer d'un sourire le visage du seul être humain dont la vie ou la mort importait réellement au yeux de Korban.

C'était la fin d'une longue nuit sanglante de Old Town.




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Franchement bien joué! Tu as réussi a me faire apprécier un registre sombre qui me déplaît généralement. Fait juste attention au répétition un peu trop prononcé (Nikolaï, l'asphalte...).

 





   
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