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Les yeux fuyants

Auteur de recits


Récit écrit par Lescrisvains.
Auteur homme.    Contacts de l'auteur : lescrisvains1gmailcom



histoire publiée le 22-01-2015
Catégorie :Humour, Parodies
Histoire 8506-l727

Titre : Les yeux fuyants

Humour  Burlesque  Folie 
 
 

Les yeux fuyants


Je mangeais chez des amis, lui s'appelle Hi Han... Ouai ! C'est pas des blagues, il est comme son nom l'indique d'origine chinoise, Han est un des noms les plus portés par les habitants de l'empire du milieu ! Et le plus fort c'est que son épouse a pour prénom Anne ! Fort heureusement ils ont beaucoup d'humour et lorsqu'ils se présentent à des personnes pour la première fois ils ont une phrase toute trouvée : "Bonjour nous c'est Anne et Hi Han" ! Cela casse de suite la glace !...
J'étais donc chez Anne et Hi Han et nous mangions un canard à l'orange, ou aux marrons... ou au bleu de Bresse je ne sais plus... Bref... Nous mangions un canard multicolore (surement un col vert !) quand la sonnette de la porte d'entrée sonna (ce qui n'est pas original pour une sonnette... J'en ai en effet connu qui tintaient, crissaient, couinaient, drindrelinguaient... Mais non celle là visiblement ne dépassait pas sa fonction, elle n'arrivait pas à se sublimer... donc elle sonnait).
Anne alla déverrouiller la lourde porte d'entrée qui s'ouvrit sur deux gendarmes (ou policiers, je n'ai jamais réussi à faire la différence ! Pour moi c'est un peu Dupond et Dupont... Difficile de savoir qui est qui). C'est toujours pareil chez les flics, il y a le potelé jovial et le grand nerveux psychorigide ! Ces deux là ne dérogent pas à la règle. Le petit gros joufflu a l'accent du sud, portant moustache et d'un âge certain, il est souriant. L'autre est raide et semble coincé, il est comme engoncé dans son uniforme, il parle par saccade et n'a pas une tête à goûter l'humour !
Les deux compères nous montrent une photo et nous demandent si nous reconnaissons l'individu : c'est un homme brun, les sourcils épais, la mâchoire prognathe, les yeux fuyants... Une tête de brute posée sur un cou de taureau (Je me fais d'ailleurs la réflexion que j'ai en face de moi deux poulets qui montrent à Anne et Hi Han l'image d'une personne à tête de bovidé, le tout face à un canard fumant exhalant une odeur appétissante.
"Non, connais pas et jamais vu" furent les trois réponses qui sortirent presque à l'unisson de nos bouches.
"Cet individu habite l'immeuble juste en face du votre, il a disparu il y a huit jours, sa famille s'inquiète car il n'a donné aucun signe de vie depuis : il ne répond pas à son téléphone portable et personne de ses connaissances n'a eut de ses nouvelles. Si jamais vous l'apercevez, merci de nous contacter. "
Sur ces mots les Dupondts prennent congé de nous.
La soirée se passe ensuite le plus normalement du monde et nous oublions vite la mise en parenthèse du repas qui eut lieu.

C'est tôt le lendemain que l'inconnu de la photo se rappela à mon bon souvenir...
Je me rendais à la pharmacie du quartier : en effet j'avais du mal à digérer le canard de la veille. Enfin quand je dis le canard, celui-ci a d'ailleurs bon dos (ou bon magret, ou bon gésier, ou.... Contrairement à moi bon foie !) car je soupçonne le Saké que me servit Hi en fin de soirée d'y être aussi pour quelque chose ! Bref, j'avais le ventre en vrac et la bouche pâteuse. Je marchais les yeux vitreux, le regard hagard, l'estomac au bord des lèvres... Oui le coupable est tout trouvé : c'est ce maudit Saké ! Mon foie me dit que cette fois c'est décidé je ne bois plus pour éviter les gueules de bois... (Heu... oui, je dis cela à chaque lendemain difficile, ce qui ne m'empêche aucunement de recommencer allègrement la fois suivante ! Les bonnes résolutions ne semblent pas s'ancrer dans ce qui me sert de cerveau).
Sur le trottoir je croise une homme hirsute, débraillé, je me dis que lui aussi doit avoir un lendemain difficile, une bonne gueule de bois de derrière les fagots !
Je pousse la porte de la pharmacie quand dans ma tête résonne une alarme... Il y a un truc qui chiffonne mon inconscient... Je réfléchi... C'est sans doute le barbu que je viens de croiser... Oui c'est ça, sous les pavés la plage... Heu... sous les poils de barbe se cache l'homme disparu !
Je fais demi-tour et retourne sur mes pas. Malheureusement l'hirsute semble s'être envolé. J'hésite à joindre les autorités, après tout je me suis peut-être trompé. Ce matin je n'ai pas les yeux en face les trous et je ne miserai pas un euro sur la véracité de ma vision.

Quelques jours plus tard j'ai repris du poil de la bête, je marche d'un pas alerte et guilleret. Le soleil offre généreusement ses rayons, les oiseaux jouent une symphonie emplie de piaillements, de babillements, de gazouillements, de sifflements... bref les piafs font leur boulot de piaf : ils chantent ! La nature est donc charmante se jour là, cela joue sur mon moral qui est au beau-fixe. Une sorte d'exaltation embellie ce qui m'entoure... Même ce clochard qui me tend la main et à qui j'offre une pièce me semble beau, il est marrant avec sa longue barbe et ses sourcils broussailleux... Mais... Sous cette grosse touffe de poil se cache... Je vous le donne en mille... Le disparu ! Le recherché ! Cette fois j'en suis sûr c'est bien lui et je n'ai pas la berlue...
Je décide cette fois de me rendre au commissariat (ou à la gendarmerie je confonds toujours) le plus proche. Une charmante fliquette et un grand benêt psychorigide m'accompagne sur les lieux de ma découverte mais malheureusement entre temps l'individu à disparu. La fliquette prend en compte mon témoignage, son compère (qui visiblement a un problème de balais coincé dans l'arrière train) semble plus retissant à me croire.
J'ai fait choux blanc mais ce n'est que partie remise car le lendemain rebelote, j'aperçois le disparu au coin d'une rue occupé à pousser un caddie... J'hésite sur la conduite à tenir : courir au commissariat (ou à la gendarmerie... Je n 'ai pas évolué depuis la veille... Je confond toujours !) ou bien apostropher le velu ?... bon, vue sa tête de brute peu amène et n'écoutant que mon courage néantissime je me rends chez les flics en espérant que le poilu soit toujours dans les parages...
Bien entendu à mon retour (toujours accompagné de la fliquette et du spychorigide ) il n'y a personne ! La charmante jeune femme, patiente, prend à nouveau ma déposition. Son binôme me regarde d'un air dédaigneux.
Pff décidément je n'ai pas de chance : ce disparu a tout de l'anguille, il semble avoir une facilité à vous glisser des mains absolument remarquable : pas étonnant que ses proches n'arrivent pas à y mettre la main dessus. Je me demande bien d'ailleurs ce qu'il fuit ? A t'il Alzheimer ? Est-il amnésique ? Fuit-il pour une autre raison ? Cela m'intrigue et si au début je n'avais trop prêté attention à cette affaire, désormais cela me turlupinait.
Le jeu du chat et de la souris repris de plus belle les jours suivants : je l'apercevais de par la fenêtre de mon appartement mais du temps que je descende les trois étages qui mène au rez-de- chaussée le personnage c'était envolé... Je le vis dans un supermarché mais là aussi le temps de fendre la foule qui se pressait à la caisse mon disparu c'était fait la malle... Je le vis dans le métro puis d'un bus alors que je regardais les passants de derrière la vitre... Mais impossible de le coincer !
Tout les jours je le voyais et au fil du temps plusieurs fois même dans la journée. Cela devint vite obsessionnel, j'en arrivais même à craindre de sortir de peur de tomber sur lui. Ainsi pendant trois jours je suis resté cloitré chez moi, je gardais les volets fermés mais je le vis à la télévision lors d'un reportage sur ma ville ! Je le vis sur ma tablette, sur une photo de magazine...
Je n'en dormais plus la nuit, perdait l'appétit et fini par déprimer tant la vue de cet homme me terrorisait...
Aujourd'hui je suis interné dans un grand centre de repos. D'une minute à l'autre un psychiatre doit venir me visiter. J'entends des pas dans le couloir, la porte de ma chambre s'ouvre... Et laisse entrer... Un homme brun, les sourcils épais, la mâchoire prognathe, les yeux fuyants... Une tête de brute posée sur un cou de taureau...




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histoire gratuite Les yeux fuyants

 

J'aime beaucoup votre nouvelle, même si la fin est un peu expédiée à mon goût... J'apprécie ce style "récit à un pote" et aussi bien sûr votre sens de l'humour. Bref, bravo quoi.

 





   
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