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Sans mot, partie 2.

Auteur de recits


Récit écrit par Machy.
Auteur femme.    Contacts de l'auteur : maragaryrygyhotmailcom



histoire publiée le 22-02-2015
Catégorie :Romans, Nouvelles, Micronouvelles, Récits historiques
Histoire 8519-m733

Titre : Sans mot, partie 2.

Roman dramatique  Dépression  Amour 
 
 

Sans mot, partie 2.


Deux jours plus tard, toujours aussi ponctuelle (nous sommes samedi, ce plain ma conscience) , ma fille me réveille. J’ouvre les yeux sur mon cadran rouge installé toute croche sur ma table de chevet. Je m’étire maladroitement. Heureusement, j’ai eu une nuit plus simple. Je souris à ma fille qui, sans attendre, ce fond dans mes bras en se blottissant. Son endroit préféré. Le mien également. Je me sens étrangement en sécurité ainsi. Pourtant, ce n’est pas bien. Ce n’est pas son rôle. C’est à moi de créer la sécurité. Je suis la mère. Elle est ma fille. Je devais mettre de l’ordre dans cette hiérarchie. Puis, Alyssia se détache pour bondir hors du lit. Lentement, je la suis jusque dans la pièce à côté. Elle va s’installer sur un mini-fauteuil noir du salon. Pour ma part, je prends la direction opposée vers la cuisine. Bien que je devine, la question sort toute seule de mes lèvres :

- Tu veux manger quoi ?
- Sandwich, répondit-elle en ouvrant la télévision sur sa chaîne jeunesse.
- Pas de céréale de temps en temps ?
- Demain, peut-être.

C’est juste que ma marchandise de pain risque bientôt de manquer de réserve. Je n’aurais qu’à me rendre au bout de ma rue afin de m’en procurer dans la nouvelle épicerie. Je mordille ma lèvre, contrarié. Juste m’imaginer devoir sortir me rend inconfortable. Tous ces regards posés sur moi. Me jugeant… Oui, le monde n’ont juste cela à faire te juger ! grogne ma conscience. Bien, la réveiller de bonne heure n’est pas une bonne chose. Je décide de l’ignorer pour donner le petit-déjeuner à Alyssia. Je vais fouiller dans sa commode un ensemble de linge confortable et assez chaude. Le samedi, Alyssia à un cours de patin avec son cousin. Si elle a pu faire des cours l’hiver, c’est grâce à son cousin. Ou plutôt, grâce à sa tante -ma soeur. Ma tante était celle qui avait peinturé nos chambres, à Alyssia et moi. Ma soeur, elle, s’occupe de nos déplacements pour les cours. Tu dépends de tout le monde. Tu déranges et pourtant rien ne cesse, me rappelle gentiment ma conscience. Elle est vraiment de mauvais poil. Malheureusement, les faits étaient là -ma vie dépend de ma famille. Comme le fils de ma soeur a des cours de patin, cela permettait à Alyssia de pouvoir y aller également. Même si c’est humiliant pour moi d’être reconduit par ma soeur aînée, j’encaisse le coup pour lui permettre de s’amuser. C’est bien la seule chose que je peux lui offrir. Je dépose ses vêtements sur le divan avant de me concentrer sur moi. Je pige un jean au hasard avec un chandail à l’aveuglette. Je serai cachée sous mon manteau. Il m’était, donc, inutile d’être des plus présentables. Nous allons voir nos enfants, pas nous-mêmes. N’importe quel prétexte pour oublier ta nullité en mode. Mais quelle plaie celle-là ! Dans la pièce à gauche de ma chambre se trouve la salle de bain. Je m’y rends afin de peigner mes cheveux. Je gémis sous la douleur des noeuds. Je me fais une rapide queue-de-cheval et y impose une pince pour soutenir le tout. La pince est jolie. Rose à pois blanc. Elle fera donc l’affaire. Je ne me maquille jamais -même je n’ai pas le moindre maquillage à la maison. À quoi bon ? Un laideron le restera peu importe litre de couleur sur le visage. Alyssia termine de manger, se lave et viens me voir pour j’inspecte son beau travail. Je souris en lui indiquant ses vêtements. Comme toujours, Alyssia à délaissé ses croutes de pains. Je jette le tout à la poubelle, ayant une pensée pour les affamés. Mon sourire se perd et la culpabilité me prend dans le ventre. Avoir faim, je les aurais mangés. Ce n’était pas mon cas. Je ne déjeune jamais. Même si le médecin m’a ordonné le contraire, il m’arrive de sauter des repas. Je me sens de nouveau coupable. Je peigne, tant bien que mal, ma fille gémis sous les noeuds. Mauvaise mère.

- Ouille, maman ! cri-t-elle sous un nouveau noeud.
- Je suis désolée ! je murmure avec tristesse. Je ne fais pas exprès.
- Mais je sais, répond celle-ci en levant les yeux au ciel, exaspérée.
- J’ai presque finis. Je t’aime.
- Je sais.
- Je t’aime.
- Oui, maman. Moi aussi.

Je lui dégage le visage pour qu’elle puisse avoir une bonne vue sur la glace sans que sa coiffure lui fasse du mal lorsqu’elle aura son casque de hockey sur la tête. Une fois libérée de mes mains, elle se précipite sur un jeu pour profiter de la dernière heure de libre. Pour ma part, je reste assisse. J’ouvre mon Imac et je le contemple sans rien faire de plus. J’ai une boule au ventre. Il me fallait dire à quelqu’un pour mon rendez-vous prochainement. Il était mieux, pour moi, de l’annoncer à ma soeur qui comprend plus ce que je vis qu’une autre personne. Ma soeur aussi est sous l’emprise de pilule. Juste pour une raison différente. Elle est mère de trois enfants, super beaux, mais d’une portée récente. Une machine à bébé, pensais-je sur le coup. L’âge de ses enfants sont très collés et comme son amoureux travail dans la construction -elle est souvent seule avec ses enfants. Elle pleurait beaucoup. Mais pour cela, il n’y a que moi au courant. Si elle aurai eu le malheur de le dire à notre père, cela aurait terminé comme moi. Par cette phrase : tu vas finir comme ta mère, avait-il beugler. Je fronce les sourcils. C’est la dernière chose dont j’ai besoin de me souvenir ! Tu n’es pas comme elle, dit ma conscience, tu es peut-être pire. Je mordille furieusement ma lèvre inférieure. Le bruit d’un SMS me sort de mes pensées. « On arrive » a écrit ma soeur. Je soupire. J’ai besoin d’un câlin. Sans lui demander, je regarde Alyssia qui comprend mon intention. Aussitôt, elle se cale dans mes bras.

Assise dans les derniers sièges du van blanc (que je surnomme la Super-Van), j’observe le paysage défiler devant mes yeux alors que mon beau-frère nous conduit à la patinoire. J’essaie tant bien que mal de descendre du véhicule avec une certaine grâce, mais mon surplus de courbes m’y empêche et je manque à deux doigts de glisser sur la neige. Je déteste la neige. Je déteste le froid. Je fais mine de rien sachant bien que ma soeur et son amoureux ont remarqué cette sortie des plus ridicules. J’attends Alyssia qui s’empresse de me donner la main. On se dirige tous, ma soeur, mon beau-frère, mon neveu, ma fille et moi vers la patinoire. C’est une simple petite patinoire de Victoriaville. Les bancs sont tous rougeâtres en vieux bois et les murs n’ont aucune couleur. J’admire la glace et le premier groupe d’enfants qui la brisent avec leurs tuteurs. Étonnement, je me trouve plusieurs points communs avec la glace. Dans les vestiaires, je prépare Alyssia : enfile ses protèges genoux, coudes et son casque. Ma soeur lui avait prêté un vieux chandail d’équipe de hockey qui appartient à ma mère. Alyssia m’avait demandé de la mettre pour ce cours. Bonne nouvelle, je pourrais la repérer rapidement mince si sont ensemble de neige orange fluor le faisait déjà très bien. Mauvaise : je déteste ce chandail. J’ajuste le casque de hockey (celle avec une grille pour protéger le visage) et j’adresse un sourire simple. Alyssia me répond en me confirmant que tout est bien ajusté. Je la laisse donc sortir du vestiaire. Rapidement, je sors également lorsque d’autre personne entre en se dépêchant. Je n’aime pas être dans un lieu bomber de personne. Je me sens prisonnière. Je m’installe auprès de ma soeur lorsque le tour de nos enfants est sur le point d’arriver. Les autres enfants quittent la glace et font place au second groupe. Ma soeur me fait signe pour qu’on s’installe dans les estrades. Je le suis à son pas. Mélanie. Ma soeur est magnifique, même avec un gros manteau d’hiver sur le dos. Elle a de long cheveux noir qui est masquer par un bandeau en laine grise. Cette couleur appuyait celle sur son manteau malgré que la couleur dominante de celui-ci était le vert forêt. Sa peau est plus bronzée que moi même si cela fait des années qu’elle n’allait plus au salon de bronzage. Merci maternité, ironisa ma conscience. Ses yeux d’amandes sont bruns chocolat. Ses grands cils épouses bien ses paupières -on la mange littéralement des yeux. Son nez fin juste au-dessus de sa bouche aux lèvres rosées sans aucun défaut. On peut voir ses leggings qui collent ses jambes de poulet (affectueusement) et une paire de botte dernier modèle. Je ne connais pas la marque, mais je sais que les plus belles filles aux petits pieds ont tous ce genre de machin aux pieds. Moi, j’ai les pieds larges. Je dois presque aller dans le côté des hommes pour trouver chaussure à mon pied. Sous cette pensée, je rentre mes pieds en essayant de suivre la cadence. Mélanie trouve une place en face du groupe de nos enfants. Elle s’y assit, son amoureux à ses côtés. Je prend l’autre côté pour être près d’elle. Ma soeur à de la chance. Trois beaux enfants, un beau copain et elle est belle. Quoi demander de plus ? La chance ne touche que les gens beaux ou talentueux. Je ne suis ni l’un ni l’autre. Maxime, son copain, à une petite touffe adorable de cheveux blond. Il est moins bronzer, sa peau de pêche épouse parfaitement son corps musclé pour son travail : construction. Les filles craquent devant sa barbe de trois jours, ses petites fossettes et encore plus ses yeux carrément bleus. C’est une pièce d’homme à la fois drôle, idiot et beau. Intérieurement, je rage lorsqu’elle commence à se plaindre du comportement de son amoureux. Je fais toujours semblant d’être de son avis. Je mens. Mon quotidien. J’attend qu’elle boit une gorgée de son café :

- J’ai un rendez-vous lundi, lui dis-je sans la regarder.

Je sens son regard interrogateur sur ma nuque. Je rougis sans le vouloir. Mal à l’aise, je répond à sa question muette.

- Psychologue.
- Ah bon ? rétorque-t-elle.

Simple d’esprit la soeur.

- Tu me raconteras cela. À quel heure ? demanda-t-elle en essayant de parler plus bas, tellement que je dois me pencher vers elle pour comprendre.
- Dix heures.
- Mince, je serais au travail le temps que tu en ai finis, marmonna-t-elle. Envoie-moi un SMS.

Elle semble bien décidé à savoir. Moi aussi, j’aimerais bien savoir d’avance. Cela m’éviterais l’angoisse que je vis en ce moment. Je déteste ne pas être en contrôle. Je hoche la tête.

- Ne raconte pas tout au premier rendez-vous. Fais gaffe, la soeur ! On ne sait jamais si cette personne est professionnel ou pas. Imagine s’il te fait un truc pas net, un genre de lavage de cerveau, écoute ! Elle ne tourne vers elle. Tu es influençable, alors fais attention.
- Tu en met pas beaucoup ? Puis, il a sa propre clinique ce psychologue. Il doit être un minimum à la hauteur, oui, je soupire, c’est un homme. Monsieur Walker.
- Tu aurais dû prendre une fille tellement moins gênant, dit-elle.
- Je n’avais pas envie de passer mon temps à tester des psychologues. On parle d’humain, pas de chaussure.

Nous rions de bon coeur. Enfin, pour sa part. Moi, l’effet de joie ne dure qu’une seconde. C’est hallucinant comment mes émotions de bonheurs ne restent jamais dans mon corps. Il m’est tellement facile d’éprouver de la peine, de la colère, de la douleur et tout autre. Pourtant, aussitôt que la joie m’envahit, elle me quitte la seconde d’après. Elle m’aguiche et je déteste cela. J’observe Alyssia qui se pratique à patiner de reculons alors que mes angoisses reprennent de plus belle, chauffant mon ventre et me donnant des maux de crampes. La nuit de dimanche fut la pire de ma vie. L’effet de la pilule, au lieu de prendre une heure, en pris trois à la place. Mon corps s’était retourner de gauche à droite sans être tranquille. J’avais mes tics à mon pied ce qui avait pour don de la faire sursauter douloureusement. Je n’arrivais pas à me changer les idées. Pour les rares fois, je suis debout avant Alyssia. Je peux en profiter pour la réveiller avec des petits baisers sur la joue. Elle sourit et m’accueil d’un grand câlin. Mon stresse me quitte l’espace d’un moment. Malheureusement, cela ne dura pas. Comme ma routine l’exige, je prépare ma fille avant moi. Cette fois, je pige dans des vêtements potables pour une rencontre. Un chandail bourgogne avec un dessin de coeur dessus et un jean noir. J’enfilerais ma grande veste noire en laine par-dessus. J’ai toujours froid. Une fois Alyssia à l’école, je combats mes cheveux avec le fer-à-plat pour les aplatir. Tout pour plaire au vieux bonhomme, ricane ma conscience. Je l’ignore. Avant de partir, j’observe le miroir une dernière fois, je vérifie la porte arrière, la porte avant -tout est bien barrée. Attend, une dernière fois. Oui, barrée. Je quitte nerveusement en mettant toute ma concentration dans mes pieds ainsi que l’adresse pour être sûre de ne pas me tromper. Lorsque j’arrive, je dois relire l’adresse sur mon papier en me demandant si je ne m’étais pas trompé quelque part. C’est une clinique, ça ? Ma conscience semble aussi étonnée que moi. Cette maison, car oui c’est une maison, est sûrement la plus moderne du quartier -voir même de Victoriaville en entier. C’est une maison style contemporaine en béton blanc. Le toit est plat et il n’y a pas d’autre étage que celui du rez-de-chaussé. On peut voir, à travers la grande vite vers l’entrée, un immense salon. Sur la porte d’entrer vitré, on peut lire d’une écriture droite et fine ‘’ Clinique de Mr Walker ‘’. La première chose que je demanderais, c’est son prénom. C’est super intriguant, il le note nulle part. Je réalise soudain que je vais consulter un psychologue dont j’ignore le prénom. Suis-je bête ou quoi ? J’ignore si je dois cogner ou entrer directement. Poussée par la nervosité, je cogne. Aucune réponse. Bon, demi-tour ! Mary, entre immédiatement ! m’oblige ma conscience. Je joue avec mes doigts et pousse la porte. Ce qui attire mon regard est le blanc partout. Les murs sont tous blancs. Le sol est foncé en béton ciré et je peux voir, à travers la porte-patio, la terrasse au bois exotique. Je tourne la tête vers la droite et j’aperçois l’énorme salle de séjour. Les meubles sont rouges et noirs un peu partout. J’imagine pour donner un peu de couleur. Si le style devait être épuré, je ne le sens pas ainsi. Je suis mal à l’aise -prise au piège d’une maison trop grande, qui à l’air trop stricte et sévère. Je tends le cou. Il y a une cuisine dans la pièce voisine ?

- Madame Beaudoin, prononça une voix derrière moi.

Je fais vol-face avec vitesse tellement que j’en perds presque pied. Mon coeur cogne dans ma poitrine. J’étais en train d’admirer une maison trop splendide pour moi. Un gros manque de respect. Je ne mérite même pas de franchir les pieds de cette demeures. En parlant de pied, me rappelle ma conscience, tes bottes idiote. Je plonge mon regard sur mes bottes couleur kaki, qui ne va tellement pas avec mon manteau noir et mon foulard mauve. Mais le pire n’est pas mon manque de mode, mais bien que je mets de la neige partout sur le sol. Je marmonne des excuses en retirant mes bottes, cherchant des yeux un endroit pour les déposer. L’inconnue m’indique un petit tapis ainsi que le porte-manteau de l’entrée. Bafouillant des excuses, je m’exécute.

- Monsieur Walker arrivera dans quelques minutes. Vous pouvez l’attendre dans son bureau.

Je devine que c’est la secrétaire du psychologue. J’acquiesce alors qu’elle me dirige vers le bureau. Près de l’entrée, j’aperçois une porte légèrement entrouverte qui indique « TOILETTE VISITEUR » dessus. La porte suivante, sur le même sens, j’aperçois un bureau à air ouverte. On entend le téléphone sonner, mais la secrétaire semble totalement l’ignorer. Cela devait être son bureau à elle. D’ailleurs, je me mets à la détailler sans le vouloir. Elle doit être dans la vingtaine, plus vieille que moi. Elle à une tignasse blonde presque incroyable puisqu’il est difficile, dans ce pays plus au nord, de garder ses cheveux blonds naturellement. À moins que la secrétaire utilise une autre méthode pour les garder aussi beau. Elle les a attaché avec une queue de cheval et il n’y avait aucune mèche rebelle. Elle portait un tailleur noir très chic. On aurait dit un concept avec la maison. Son regard bleu me perce lorsqu’elle se tourne vers moi m’indiquant la porte devant son bureau. Une plaque transparente avec une indication dessus écrite « M. WALKER » est visé sur la porte blanche. Bon dieu, qu’est-ce que j’ai envie de savoir le prénom de ce vieux bonhomme ! Je remarque trois portes fermées. Une à côté du bureau de la Blonde-Quasi-Parfaite. Une autre en face de celle-ci et une entre les deux qui ferme le corridor. D’ailleurs, il n’y a presque aucune décoration. Peut-être était-il aussi nul que moi dans ce domaine ? Habituellement, les psychologues n’aiment pas mettre en valeur leurs nombreux diplômes ? Habituellement, c’est une clinique normale, protesta ma conscience. Bon point. Malgré la curiosité des trois pièces fermés, la Blonde-Quasi-Parfaite m’ouvre la porte du bonhomme psychologue et je pénètre nerveusement à l’intérieur. Bon sang, tout est noir ou rouge. Et qu’est-ce qui y a de livre ici ! Je trouvais ma bibliothèque remplie, ce n’est rien comparé ce mur de livre à ma droite. Je jette un coup d’oeil à certain titre qui ne me dit rien du tout. Tout le mur de droite était remplit de livre sur tablette. Tout est droit, bien placer et énormément structurer. Seigneur, c’est le bordel chez moi pensais-je horrifié. Ce vieux bonhomme me fait encore plus peur. Un long bureau noir bien rangée avec des crayons et stylos droit sur le bureau. Un ordinateur portable dernier modèle repose sur le coin du bureau. Puis deux fauteuils rouges sont placés devant le bureau. À la gauche, il y a le fameux divan. C’est vrai, il y a des divans dans les bureaux de psychologues ! J’ai mal dormi, je peux m’y reposer ? Je m’esclaffe un peu. Le mur derrière moi possède deux gros classeurs qui monte presque au plafond. Il a de la ressource ce bonhomme. Je dépose mon sac-à-main sur un des fauteuils rouges. Cette pièce semble froide et neutre. Cela me met mal à l’aise. On dirait que cet endroit me gronde. Je m’approche d’une tablette de livre. « Psychologie du développement humain » Quoi de plus normal. « Cours de psychologie » Tiens, le voilà ses preuves de cours. « Comment être heureux … et le rester » Qu’est-ce que c’est que cela ? Étrange comme bouquin de psychologie. Je continue mes découvertes oubliant le lieu. « Guide pratique du comportement du chien » Ok, c’est quoi ça ? Ma conscience est pliée en deux. Moi, je ne sais pas trop comment réagir. « Psychologie de la séduction » De la…quoi ?

- Vous voyez quelque chose qui vous plaît, Madame Beaudoin ? me demanda une voix derrière moi. Grave et masculine.

Je me retourne vivement en m’accrochant à l’un des fauteuils rouges derrière moi. Je cligne des yeux. Je m’attendais à tout sauf à cela. L’homme devant moi n’avait rien d’un vieux bonhomme. Peut-être n’est-ce pas lui. Impossible que ce soit lui. Il est trop jeune, pouffa ma conscience, trop jeune et trop beau. Je rougis malgré moi sous cette pensée. Mais non ! Pas pour cette dernière raison ! Bien que cela soit un peu vrai. Il possède des cheveux courts qui brunissent légèrement, avec un peu de gel pour remonter son toupet. De long sourcils de même couleur légèrement remonter pour marquer un air interrogateur. De grand yeux de couleur bleu, même mon beau-frère ne battait pas cette couleur de ciel. Le nez grand un peu arrondi au bout et une bouche moyenne de couleur rosé. Il a un visage carré et les joues un peu creuse. Petite barbe d’une journée. Une peau de pêche. Bon sang, il me regarde comme si j’étais une débile. Il porte un costume gris avec une chemise en dessous -le premier bouton retiré. Il vient vers moi et me tend la main.

- Je… ne faisais que regarder… pardon …

Je bafouille en ignorant comment placer mon regard. Il garde sa main vers moi et je la prend pour la serrer.

- Enchanté Madame Beaudoin, je suis Monsieur Walker, Jacob Walker, dit-il aussi naturellement qu’on présente la météo.

Je suis sous le choque. Il m’indique un fauteuil et fait le tour de son bureau pour s’y installer à son aise. Je m’assois. Mon vieux bonhomme imaginaire. Ou es-t-il ?

- Quelque chose ne va pas ? me demanda-t-il.
- Pardon, je m’attendais à quelqu’un d’autre. Quelqu’un de plus, je marque une pose en cherchant mes mots, plus vieux ?
- Vingt-neuf ans ne font pas l’affaire ?

Il parle comme si je l’avais insulté ! Je joue avec mes doigts et hoche négativement. Quand même, il est très jeune. Qui me dit son taux de succès ? On dirait un gosse de riche très prétentieux. Je regrette aussitôt. D’ailleurs, ce n’est pas une question à poser ça ? J’avais vu ça sur un site internet : poser des questions à son psychologues afin d’être à l’aise. Il y avait même quelques exemples.

- Vous êtes …psychologue depuis combien de temps ? Vous avez un taux de réussite ?
- Des problèmes d’êtres humains peuvent-ils réellement être mis en chiffre ? répondit-il, neutre.

Merde. Je suis stupide.

- N-Non, je…
- Je pratique depuis un bon moment et je possède ma clinique depuis trois ans maintenant. Ma jeunesse est juste le résultat de quelques classes sautées durant mon enfance qui accélère légèrement le tempo. Tout psychologue de quarante ans en ont eu vingt une fois dans leur vie. La compétence vient avec l’expérience, je crois l’avoir. Puis, pour le taux de pourcentage, je dirais que … ceux qui veulent s’aider y arrive, expliqua-t-il en levant ses yeux bleus sur moi.

Il me scrute des yeux. Je veux mourir. Il me parle comme si j’étais une idiote. Comme si j’avais insulté la terre entière. Du moins, c’est l’impression qu’il me donne. Des erreurs, c’est humain ! Tu es l’erreur humaine. Je boude. Je baisse les yeux sur mes doigts. Il sort quelques feuilles et prend l’un des crayons sur sa table. Il croise ses jambes en appuyant bien son dos sur le dossier de sa chaise. Je déglutis.

- Bien, Madame Beaudoin, parlons un peu de vous. Dîtes-moi un peu plus sur vous, votre situation et votre état en général, me demanda-t-il en frottant la gomme de son crayon sur son menton carré.
- Je ne sais pas par ou commencer …
- Bien, alors imposons-nous des limites, suggère-t-il.
- Des limites ?
- Je vous pose des questions et si je dépasse une limite, en autre si je parle de quelque chose qui vous déplaît, vous me le faîtes savoir. D’accord ?

Je ne vois pas en quoi cela va l’aider. J’acquiesce.

- Bien, parlez-moi de votre père.
- Mon père ? Bien, il est … sérieux. Drôle. Il n’aime pas quand on est malade. Il s’inquiète souvent trop. Il possède sa propre entreprise en imprimerie. Il a cinq enfants. Il est d’ailleurs avec la mère de deux d’entre eux, ma belle-mère. Il surprotège. Il n’aime pas parler de sentiment et heu … voilà.

À chaque nouvelle information, monsieur Le-Psy-Sévère prenait des notes pour lui-même. Il me regarde et ses yeux bleus plongent dans les miens. Nous ne parlons pas durant quelques minutes. Je suis très nerveuse. Je meurtris mon annulaire en le grattant.

- Maintenant, parlez-moi de votre mère.
- Il n’y a rien à dire, dis-je aussitôt.
- Rien du tout ? me questionna Walker en haussant le sourcil.
- Rien.
- Décrivez-la moi en un mot.
- Limite.

Un moment de silence avant que le crayon du psychologue reparte de plus belle dans ses notes. Je me sens attaquée. Je n’aime pas cela. Du tout. Il reprend ses questions en m’interrogeant sur moi et mon entourage. Je lui explique que je suis seule avec ma fille depuis sa naissance, son père nous ayant abandonné. Que je n’ai pas encore mon permis et donc je dépends énormément de ma famille. J’explique un peu la situation de chacun. Je suis, pourtant, toujours mal à l’aise face à lui. Il y a longtemps que je ne me suis pas retrouvé seule en la présence d’un garçon. Peut-être est-ce dû à cela. Je l’examine une fois de plus. Sa beauté combiner à celle de Blonde-Quasi-Parfaite (Sarah, idiote) je me sens encore plus laide que d’habitude. Je suis irritée. Ce sentiment n’est pas nouveau pour moi, mais aussi intense…

- Juste pour bien me situer, votre mère est ou dans toute cette histoire ? me demanda-t-il, je suis prise au dépourvue.

Je l’interroge du regard.

- Vous êtes proche de votre père et tout ce côté de la famille. Mais le côté de votre mère, eux ?
- Je vois mon grand-père maternel à noël …
- Et votre grand-mère maternel ?
- Limite.
- Vous savez, ces limites ne seront pas là éternellement, dit-il d’un air neutre comme si ma haine ne l’atteignait pas.
- Je ne comprends pas.
- Ce sont pas des limites pour moi, ce sont les vôtres. Mon travail sera de pousser vos limites.
- Et si je ne veux pas ?
- Vous êtes ici pour le faire.

Il me regarde de haut ou quoi ? Il est si neutre, si détacher. J’essaie de m’ouvrir et pourtant mes efforts ne sont pas encouragés. Il dit même que ce n’est pas assez.

- Vous allez me forcer ?
- Non, bien sûr que non, dit-il en se réajustant sur son dossier.
- C’est tout comme. Arrêter d’écrire comme si j’étais un rat de laboratoire, je cris presque.

Mon cri ne le brusque pas, mais on voit qu’il ne s’attendait pas à cela. Moi non plus d’ailleurs. Je me surprends. Je n’aime pas cela. Mon coeur s’est accéléré. Pourquoi suis-je si irritée ? Walker dépose sa feuille et son crayon et appuie ses coudes sur son bureau. Il me regarde.

- Votre mère est une limite. Je vais découvrir pourquoi, me promet-il.
- Je pars !

Je me lève brusquement en prenant mon sac-à-main et le fourrant sous mon bras. Je me dirige vers la porte.

- Vous m’avez demandé un mot sur ma mère…
- Oui.
- Lâche.

J’ouvre la porte et sort sans regarder derrière moi.



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