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Sans mot, partie 4.

Auteur de recits


Récit écrit par Machy.
Auteur femme.    Contacts de l'auteur : maragaryrygyhotmailcom



histoire publiée le 18-03-2015
Catégorie :Romans, Nouvelles, Micronouvelles, Récits historiques
Histoire 8524-m735

Titre : Sans mot, partie 4.

Roman dramatique  Dépression  Amour 
 
 

Sans mot, partie 4.


Je remerciais les cieux pour cette journée d’hiver qui avait déjà colorié mes joues ce qui me donnait une excuse valable pour rougir devant cette phrase complètement inattendue de la part de mon sauveur. En quelques minutes, je venais de vivre les plus fortes émotions de ma vie et ces émotions sont complètement opposées. De la peur, je suis tombée dans la gêne et un sentiment étrange grondait dans le creux de mon ventre. Je préférais, toutefois, les ignorer complètement. Mon côté libido grogna contre moi, mais pour une fois ma conscience acquiesça avec tristesse devant ce choix qui me parvenait, soudain, la plus sage des décisions. Pourtant, l’espoir resta accrocher dans un coin sombre de mon esprit. Je n’osais pas m’y aventurer. Du moins, pas pour le moment. J’oubliais bien vite la douleur sur ma main lorsque Jacob me conduis au bout de la rue. J’étais dans un quartier chic de Victoriaville. Ce quartier sortait de son lot, pourtant l’allée qui séparait les deux rues ne donnaient pas cette impression. Avant l’attaque, j’étais dans un lieu tout à fait commun : et moi voilà dans une autre réalité qui me frappe de plein fouet. La vie des riches. Du moins, de gens plus aisés que la moyenne. Il devait bien exister des maisons plus splendides –juste à voir les gens d’Hollywood ou simplement Céline Dion- pourtant dans son genre la maison de ladite mère de monsieur Walker en jetait bien la vue. Ou bien est-ce le garage, double porte en grande largeur de bois gris qui semblait prendre ampleur sur la maison, comme si celle-ci allait la dévorer. J’ai de drôle de penser lorsque je suis intimidé, heureusement que mon protecteur du moment ne pouvait pas lire dans ma tête comme certains héros à l’eau de rose. Du moins, est-il vraiment un héros ? Je voulais croire que si –un super-psychologue. Drôle de désir alors que je le détestais au tout début. Je faisais face à une maison haute de gamme munie d’un pavé uni enfoui sous la neige totalement en opposé avec la clinique de Jacob. Les couleurs sont grises, un mélange de faux bois et de brique. Les fenêtres sont plus discrètes alors que ceux chez Jacob semble dire ‘’regardez ma fortune tout le monde’’. J’aimais bien ce côté plus discret si ce n’était pas du garage énorme. Il devrait bien combler une tonne de voiture. Quoi que je sois du genre à voir plus grand que ce l’est –j’exagère souvent. Ma contemplation est interrompue par Jacob qui fronce les sourcils, semblant même exaspéré et qui me conduit de force à la porte d’entrée. J’avais sûrement adopté un air ébahit, mais qui ne le serait pas devant une telle demeure ? Je viens d’un appartement de quatre simples pièces. N’avais-je pas le droit de trouver cette maison affreusement belle pour la laide personne que je suis ? Ce qui est bizarre, c’est d’être capable de trouver une maison jolie alors que tu sors d’une agression me chicane ma conscience. Finalement, peut-être que mon psychologue avait des super-pouvoirs puisqu’il me gronda du regard. J’en fus très surprise.

- Ce n’est qu’une maison, pesta-t-il en ouvrant la porte.
- Pas pour moi.

Il soupire et je le vois lever les yeux au ciel alors qu’il entre et m’oblige à le suivre. Mon corps se fige et mon regard fut rapidement capturé par le magnifique lustre en cristal (faux ou pas –je ne saurais trancher) qui nous accueille dans la demeure. Jacob m’indique où enlever mes souliers, sur le bord des porte-manteaux. Il y avait une longue lignée de chaussure ainsi que de petites bottes. À leur côté, les miennes semblaient être ceux de géant. Il y a vraiment des gens avec des si petits pieds ? Puis, c’est important d’avoir autant de bottes ? J’appuie ma main sur ma blessure sur ma paume alors que Jacob retire son manteau pour dévoiler sa silhouette avantageuse. Il était habillé décontracté ce soir. Je me surprend à détailler le lieu où ses boutons de chemise étaient déboutonnés. Ma libido vint faire un saut périlleux. Je tourne rapidement mon regard lorsque Jacob vient examiner l’état de ma main. Je n’ose plus le regarder et je sens mes cheveux se mettre à picoter sur le dessus de mon crâne. Il claque sa langue avec un air interrogateur. Je ne pensais pas que ma blessure soit si grande. J’aurais même préférée pouvoir rentrer chez moi. Sans un mot, Jacob m’entraîne sur le plancher chauffant afin de traverser le grand salon presque vide de la demeure, uniquement de grand meuble noir et quelques décorations pour combler le vide de ce grand espace. Je suis même certaine que leur télévision n’a jamais servis. Dans la salle à manger, connecté au salon, se trouvait deux femmes qui discutaient et s’arrêtent aussitôt lorsque Jacob lâcha ma main. Je fus gênée puisque j’avais toujours mon manteau noir sur le dos qui me donnait l’impression d’avoir cent livres de plus alors que les deux femmes devant moi étaient d’une grande beauté, surtout la plus jeune. Je devine facilement que celle qui semblait avoir qu’une dizaine d’années de plus que l’autre était la mère de Jacob. Il lui ressemblait beaucoup. Les mêmes yeux de cette couleur bleu profonde. J’eus du mal à résister à sont sourire lorsqu’elle m’aperçoit dans sa salle à manger. Pauvre dame, une étrangère telle que moi n’avait pas le droit de se trouver ici. Ses cheveux courts courbait son mince visage –elle semblait fatiguer, mais restait d’une beauté sans pareille. Puis, il y avait l’autre qui ne me dédia aucun regard. Elle était plus préoccupée par l’apparition de Jacob. Elle en oublie son verre de martini pour foncer vers lui d’une démarche douteuse. Je ne saurais dire si elle était fâchée ou heureuse.

- Où étais-tu pour l’amour ? demande la jeune femme qui boutonnait la chemise de mon psychologue.
- Je te l’ai dit, marmonne Jacob, je suis allé faire une promenade.
- Une très longue, tu avais tant besoin de réfléchir ?
- Plutôt oui, confirma Jacob d’un signe de tête.

Elle prend une mine renfrognée avant de se mettre sur la pointe des pieds afin de l’embrasser. Mon cerveau eu un court-circuit. La belle blonde à la silhouette de mannequin sur Photoshop, celle qui était habillée d’une simple robe rouge écarlate, celle qui avait une peau de pêche parfaite ainsi que des bouclettes qui descendaient sur ses seins sûrement acheter sur eBay était en train d’embrasser mon super-héros. J’eus l’impression d’avoir reçu un coup de massue sur la mâchoire. En même temps, quelle surprise avais-je là ? Aucune. Évidemment que mon psychologue maniaque était en couple avec la plus belle fille du coin. Bien que j’essaye de toutes mes forces pour m’y convaincre, je n’arrivais pas à dériver mon regard que sur cette bouche pulpeuse qui dévorait celle de Jacob. Celui-ci intervient enfin pour la déplacer. Il grogne contre toute attente. Je crois qu’un de mes fichiers de mon cerveau sont tombés en panne. Je dois faire un reset immédiatement –du moins avant de devoir parler. Si je pouvais parler après un tel spectacle.

- Claire, s’il-te-plaît, dit Jacob en repoussant la blonde.
- Qui est-ce ? questionne ladite Claire qui m’apercevait enfin.

Non, pas l’attention sur moi. Pitié, je ne suis pas prête encore. Malheureusement, la douleur à ma main me ramena à la dure réalité. Je grimace sous les coups de douleurs qui pulsait dans ma paume.

- C’est une de mes clientes. Maman, tu as toujours ta trousse ?
- Oui, dans la pharmacie de la salle de bain principale, dicte sa mère en pointant une direction. Lorsque son regard tomba sur moi, j’eus une sensation de honte alors que la dame semble réellement inquiète pour moi.
- Tu n’amènes jamais tes clientes ici, affirme Claire en me détaillant du regard.
- Chérie, elle est blessée.

Le terme affectueux qu’utilise Jacob pour mentionner sa copine fit gronder ma libido. Ma conscience, pour sa part, resta dans le silence le plus totale. Avait-elle de la peine pour moi ? Je n’ose pas demander. Jacob me fait signe de le suivre et je marmonne quelques excuses presque audibles afin de le suivre. Nous montons les escaliers jusqu’au deuxième étage. Je remarque encore plus la différence opposante entre le style de Jacob et celui de sa mère. C’était plus chaleureux ici. Les tons de gris et brun donnait de la chaleur à la pièce le tout ce qui compose avec le blanc des murs. Jacob m’entraîne à l’intérieur de la première porte de l’étage. Je me fige. La salle de bain est plus grande que ma propre chambre. J’ignorais que les douches en carrelage existait réellement en dehors des films. C’était quoi l’intérêt de voir à travers la douche avec ses portes transparentes ? Surtout, pourquoi avoir un gros bain quand on a déjà une douche ? Jacob ignore mon attitude devant la splendeur de la salle de bain et se dirige vers grosse armoire brune afin d’y sortir une trousse de premier soin -plutôt basique ce qui m’étonne. Il commence sérieusement à faire chaud. J’ouvre mon manteau pour me permettre un peu d’air. J’étais seule dans une salle de bain avec Jacob Walker. Est-ce que cela peut être pire ? Il prend ma main et nettoie le sang tranquillement. La douceur de son geste me laisse perplexe. J’étais habituée à une attitude froide et autoritaire. Il en avait fait même la preuve devant mon agresseur. La seule fois où il a baissé ça garde, c’était dans son bureau devant notre rire incontrôlé. Ce souvenir me fit sourire. Jacob me jette un bref coup d’oeil avant de poursuivre son ouvrage.

- Ne vous inquiétez pas pour la police, me dit Jacob avec douceur, je m’occupe de tout
- Ce n’est pas la peine.
- J’insiste…
- Oh …
- À quoi pensez-vous ? me demande-t-il.

Sa question me surprend et me questionne sur l’air que j’avais donné un instant plus tôt. Fait toi plus discrète, me conseille ma conscience. Difficile, il y avait tant de partie en moi qui ne suis pas d’accord sur la manière dont je devais agir à présent. Il a une copine, gronde ma conscience en tapant du pied dans mon crâne. Cette nouvelle effaça toute trace de sourire.

- Rien, dis-je d’une voix hésitante.
- Cela devait être bien puisque vous avez souris, dit Jacob en examinant son travail sur ma main.

Je m’empourpre sans le vouloir. Non, il avait pas le don de lire dans les pensées. Pour la première fois de ma vie, je constate que j’ai un peu de chance quelque part.

- Vous étiez un super-héros dans une autre vie ?

Son expression s’adoucit en un instant et ses lèvres trémoussèrent pour faire un petit sourire amusé. Je crois qu’il m’est impossible d’être plus rouge qu’en ce moment. Est-ce à cause des circonstances que je pouvais remarquer toute la beauté chez cet homme ? Parce qu’il m’avait sauvée la vie ? Non, il n’est pas plus beau que la première fois que je l’ai vu à la clinique. Il l’est tout autant. Depuis qu’il a souri sincèrement dans son bureau. Je crois que cela part de là. Je ne sais plus. Ma tête tourne et je ne sais plus quoi penser en ce moment. C’est mon psychologue. Mon psychologue. Puis, il a une copine. Il est peut-être même marié ! Réveille, Mary !

- Je ne crois pas. Je n’ai rien d’héroïque, avoua-t-il en désinfectant ma main, son sourire n’a pas pour autant disparu.
- Tout les héros disent cela, je constate les faits.
- Ils ont parfois raisons.
- Et souvent tord.

Nos yeux se croisent et un silence s’installe entre nous. Nous restons un long moment à se toiser dans les yeux de l’autre. Je pouvais profiter de ce moment pour les boire sans aucune gêne. Cela devrait être interdit d’avoir des yeux aussi intense que ceux-là. Je me sens vraiment bête. Je brise finalement le contacte en détournant la tête. Je ne mérite pas de le regarder. Mes yeux chocolat sont trop … inférieur. Tout de moi est inférieur. Je laisse Jacob mettre un pansement sur ma blessure nettoyée. Je mordille ma lèvre pour chasser les picotements.

- Vous en savez maintenant beaucoup sur moi, dit Jacob.
- Pas tant que cela, dis-je en avouant secrètement en désirer plein plus.
- Plus que la plupart de mes clients

Mince, cette vérité m’arrachait un bondissement de joie dans la poitrine. J’en sais plus que d’autre. Peut-être même plus que Blonde-Quasi-Parfaite. Il me fallut un effort surhumain pour m’empêcher de sourire. Fait ironique puisque c’était justement pour pouvoir être plus heureuse et épanouie que je cherchais de l’aide auprès de mon psychologue. Mon investissement ne sera pas gâcher dans le vent. Ma libido ricane et je la chasse de mes pensées.

- Je tâcherais d’oublier ce que j’ai vu.

Surtout le baiser, grogna ma conscience. Je la suis dans son grognement.

- C’est déjà trop, avoue-t-il.

Ses yeux semblaient sombres. Les sourcils froncés vers moi, Jacob semble mal à l’aise de poursuivre sa phrase. Pourtant, je devinais très bien la suite des mots. Mon cerveau se figea en comprenant malgré moi la tournure des évènements. Ma libido cessa tout mouvement et ma joie se creusa un trou dans ma poitrine. Ma conscience, pour sa part, choisit ce moment parfait pour disparaître hors de vue.

- Je ne peux plus vous acceptez comme cliente, mademoiselle Beaudoin, poursuit Jacob. Notre relation de confiance pourrait énormément en souffrir. Puis, il ne faut pas mélanger le personnelle et le professionnel. Je suis désolé.

Je claque la langue. Ce dernier mot resta amer sur mon palet. Désolé. Désolé, il a dit. Ils disent tous cela. Désolé. Désolé de t’abandonner, Mary. Ne pleure pas et continue ton chemin ! Que diable !

- Je ne sais presque rien. Qu’est-ce que cela peut faire que vous venez d’une famille aisée et peut-être mariée à la plus belle de tous ?
- Marie-Pier…
- Ne m’appelez pas par mon prénom ! le coupai-je en hurlant presque.

Il était impossible de décrire ce que je ressentais présentement. Un mélange de honte et d’abandon. Rien qui ne faisait bon ménage. Mes yeux piquèrent, mais je ne désirais pas perdre la face encore plus. Je devais retenir mes larmes. Après tout, j’ai l’habitude d’être mise en arrière. Je cherchais une échappatoire pour quitter cette pièce avec toute la dignité qui pourrait me rester. Il me restait rien. Même pas une poussière de fierté dans mes placards intérieurs.

- Je comprends qu’il ne faut pas mélanger la vie personnelle et professionnelle. Mais il n’y a aucune vie personnelle à mélanger ! Certes, j’ai vu la maison de votre mère, votre femme et … qu’aurait-il fallu ? Que vous ne soyez pas mon psychologue pour me sauvez la vie ? Ne pas m’aider, car cela nuirait à notre collaboration pour mon bien être ? Je… me moque de…, je cherche mes mots de manière désespérée.
- Vous ne comprenez pas …
- Non, je ne comprends pas ! coupai-je aussitôt. Je ne comprend rien. Je voulais juste… que pour une fois, on ne m’abandonne pas.

La dureté sur le visage de Jacob était frappante. Je me reprochais aussitôt les termes employés pour désigner la rupture du contrat qui nous liait ensemble. La seule chose qui nous obligeais à nous côtoyer était son rôle de psychologue envers une cliente. Je réinstalle mon manteau de la meilleure des manières.

- Ce n’est pas comme si j’avais aperçu le plus grand des drames ou le plus terrible secret, je murmure en me surprenant du ton suppliant que j’emploie pour lui parler. Ce n’est pas si grave que cela. On a tous une vie. En dehors… Alors, on ne peut pas juste oublier ? Faire comme si rien de tout cela ne s’était produit ? Je ne suis jamais venu ici ?

Je le regarde dans les yeux essayant de déchiffrer une partiel d’émotion sous la dureté de cet homme. Il semble être pris entre la tristesse et le déni. Je ne serais dire pourquoi. Il dépose sa main sur mon épaule et je deviens déjà sa réponse. Je me détache de lui d’un coup d’épaule.

- Je suis désolé, finit par dire Jacob.
- Merci de m’avoir aider, bonne chance pour le reste. Au revoir, Jacob.

Sans lui laisser le temps de parler ou faire quoi que ce soit d’autre (bien qu’il n’avait plus rien à faire) je quitte la salle de bain pour descendre. La mère de Jacob vient rapidement à ma rencontre. Elle semble vraiment inquiète pour mon sort, ce qui aggrave mon anxiété. Je ne suis pas à l’aise pour la confronter. Elle capture ma main pour examiner le travail de Jacob.

- Tout va bien, jeune fille ? demande-t-elle d’une voix flottante. Désolée de notre air confuses, mais il est si rare que Jacob nous amène de la visite.
- Mon Jacob n’est pas là ? le ton de ladite Claire était possessive, merci de me rappeler que Jacob appartenait à quelqu’un.
- Il ne devrait pas tarder, trésors. Cela vous fait mal ? le regard de la mère de Jacob se tourne en une fractionne de seconde entre moi et Claire.
- Oui. Je dois partir, murmurais-je.
- Quoi, déjà ?
- Désolée, je …

Jacob venait de descendre. Il s’arrête derrière moi.

- Maman, laisse-là respirer, lui dit-il en levant les yeux au ciel. Marie-Pier, je …
- Tu l’appelles par son prénom ? s’offusques sa tendre moitié.
- Claire, chérie, tu vois le mal partout ! ricane la mère.
- Je dois partir.

Je marmonnes rapidement des excuses et remerciement à la mère de Jacob qui me toise d’une drôle de manière et je laisse le doute derrière moi.

Ce fut un miracle d’arriver saine et sauve à mon appartement. Plutôt, ce fut un miracle que cela m’avait prit moins d’une heure pour regagner mon logement. Mais peu importe. Mon coeur n’était pas à la fête de ce record. Non. Mon coeur était déchiré, humilié et j’en passe puisque toutes les raisons de ces sentiments me sont complètement inconnus. Dévêtus, j’enfile mon pyjama rouge à pois afin de m’installer devant mon ordinateur. Je reste un moment sans rien faire. Comme si mon esprit commençait à mettre mon âme dans une bulle de protection. Essayant d’effacer toute trace de ce soir, de mot échanger et de baiser. Malheureusement, mon pansement à ma main me rappelle avec violence la réalité. Mon agression. Mon sauvetage. Ainsi que mon abandon. Je me rends sur un site quelconque pour me changer les idées. Malgré mes larmes, je clique sur une vidéo pour l’écouter. Je n’entends même pas. Tout est vide. J’ai l’impression que mon âme n’est plus là, uniquement mon corps. Je cherche à comprendre, des explications, n’importe quoi. Je donne un coup violent à mon clavier pour le repousser. L’ordinateur ne me ferait rien du tout. Je passe une main sur mon visage et mon pouce s’attarde sur ma bouche. Dégoûtée, je me lève afin d’aller me laver. N’y pense plus, n’y pense plus, me répétais-je sans cesse. Malheureusement, à chaque fois que je touche mes lèvres, que ce soit à cause de mes palettes un peu avancée ou par inattention, je me rappelle. Je devais faire l’affaire, avait-il dit mon agresseur. Je devais appeler la police. Je n’allais pas laisser Jacob le faire pour moi. Pourtant, la peur me gagne. Et si cet homme chercherait à se venger ? Je retourne sur mon fauteuil pour mieux réfléchir. Il pourrait s’en prendre à ma fille. Ma famille. J’en ai vu des films dans ce genre -je ne suis pas si bête. Quoi que … Pourquoi tout cela n’arrive qu’à moi ? Je vois à peine de la lumière qu’on bouche aussitôt le trou. Je ne peux pas briller. Je ne peux pas voir la lumière. Pas la moi normale. Pas Mary. Juste la mère d’Alyssia. Oui, sur ce côté, tout va bien. Je suis heureuse quand je suis ainsi, avec elle. Ce fut comme une révélation. Oui. Je suis une bonne mère. Je n’ai pas à devenir une autre personne. Ni a chercher celle que j’ai déjà été ou devrais-je devenir. Je n’ai qu’à rester la maman d’Alyssia. C’est l’évidence même, pourquoi n’y avais-je pas penser avant ? Je me lève d’un bond du fauteuil et mes pas se dirigent automatiquement vers ma chambre. J’ouvre mon garde-robe qui coince sous le manque d’huile. J’observe un moment mes affaires. Si on oublie le fait que c’est sans dessus-dessous, j’avais beaucoup de livres. De vieux croquis à dessin. Des poster d’animer (Naruto surtout). Je sors la première boîte que je trouve pour y mettre mes affaires qui font de moi un être humain. Les papiers d’école pour Alyssia possède deux tablettes pleines, aucun besoin d’y toucher. Tout le reste termine leur vie dans les boîtes de vieux cadeau de Noël. Je sors un marqueur pour y inscrire ‘’ Adieu Mary’’. Mon souffle s’accélère lorsque je regarde l’état de mes objets de valeurs. Une impression de brûlure au creux de ma poitrine semble se répandre dans mon corps. Ça brûle et j’ai envie d’hurler. Je plonge une de mes mains dans ma chevelure afin de m’y agripper au point de tirer. Ce geste m’arrache quelques larmes aux coins des yeux. Brusquement, je donne un violent coup de pied sur la boîte et je ferme mes portes de garde-robe. Je recule pour venir m’effondrer sur mon lit. Puis, je prends possession de mon oreille pour y hurler dedans. Je cris, le plus fort possible, en me foutant qu’on puisse m’entendre. J’ai tellement mal ! Le téléphone se met à sonner. Qui pouvait bien m’appeler. J’essaie de calmer mes sanglots. Je me lève du lit, mais je ne parviens pas à temps le répondeur se met en marche : « Bonjour, vous êtes bien chez Marie-Pier et Alyssia. Nous sommes indisponibles pour le moment alors laissez-nous un message ! » Je vérifie sur mon téléphone. Je ne connais pas ce numéro. « Mademoiselle Beaudoin ? C’est Jacob Walker. » Merde ! Il à mon numéro ! Non. Non ! Je ne veux pas lui parler ! « J’ai bien réfléchi à ce que vous m’avez dit … » Je me remémore rapidement notre conversation en cherchant les erreurs que j’ai pus y produire. Résultat : toutes mes paroles sont des erreurs. « Vous avez raison » Quoi ? « Je veux continuer à vous voir » Double quoi ? « Donc, notre prochain rendez-vous sera lundi le 2 février à 9 h 30. Soyez à l’heure. Soyez là … s’il vous plaît. » Triple quoi ? Jacob raccroche et moi je reste figer comme une tarte. Je ne sais pas ce que je dois comprendre ou saisir. Au fond de moi, il y a deux parties de mon corps qui se bat pour savoir lequel serait le plus dominant. La joie ou la peur. Étrangement, ce fut la peur la vaincue. Je cale un grand vers d’eau pour faire passer ma pilule pour la nuit. Mon esprit s’embrouille et la dernière chose que je vois est mon rasoir sur le bord du bain.



Une petite fillette tourne sur elle-même pour faire virevolter sa jolie nouvelle robe. Elle s’examine dans le regard et rit, toute seule dans sa chambre. Elle se trouve jolie. Elle prend un ourson en peluche pour lui demander son avis. Elle lui fait acquiescer de la tête. Elle rigole une fois de plus. Elle va vers une autre peluche. Puis, la porte s’ouvre et une dame fait son apparition. La petite fille se colle automatiquement au lit. La fillette devine, devant l’air de la dame, que quelque chose cloche. Elle avait fait quelque chose de mauvais.

- Viens avec moi ! crut la dame en ce saisissant du bras de la fillette.

Sous cette prise, la gamine grimace. Elle sert trop fort. La petite n’aime pas cela et à peur. La dame l’entraîne vers l’étage supérieur jusque dans la cuisine. Elle la force à s’asseoir sur une chaise en faisant face à son verre de lait. La fillette n’arrive pas à parler. La dame s’installe à ses côtés.

- Il reste encore du lait dans ton verre, critique la dame. Je t’ai dis combien de fois de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre ?!

La fillette regarde tristement son verre. Elle adore le lait, mais en met parfois de trop dans son verre. Le goût du lait mélanger au chocolat est exquis, mais elle en avait trop pris pour le chocolat manger.

- Maintenant, termine-moi ce lait ! Tout de suite ! crut la dame de nouveau.

Trop de laid lui donne un mal de ventre. Elle n’a pas soif. Comment le dire à la dame ?

- Je peux pas, maman. J’ai mal au ventre…

La mère ne répond pas, mais la fillette voit que son expression est dure et glaciale. Puis, la mère prend le verre de lait et lui verse sur la tête. La gamine sursaute sous le froid et ce fige en ne comprenant pas ce qui vient de ce passer. La mère se lève et laisse sa fille dans la cuisine, tremper de lait.



Je me réveille, le lendemain, avec une sensation désagréable de brûlure. Comme si une fournaise s’était installé dans mon avant-bras gauche accompagnée de pulsion -comme si je possédais plusieurs coeurs. Je baille, mais un gémissement sort de ma bouche à la place. Cela me prend quelques minutes pour réaliser ce qui se passe -ma fête flotte encore un peu à cause de ma pilule que j’ai prise trop tard. Mon avant-bras est rouge et gonflé aux endroits que j’avais mutilés de coup. Sûrement avec mon rasoir. Plusieurs lignes rouges et de sang sécher sur mes draps confirmes mes méfaits de la vieille. J’ai beau tenté de me souvenir de quelque chose -en vain. Je m’étais punis. Oui, je ne vois pas cela comme un acte afin de crier à l’aide. Je n’étais pas élevée ainsi. Je me punissais. Ce sont des punitions envers moi-même. Je vais désinfecter mes blessures. Mon corps frisonne de douleur lorsque j’applique le produit. Je vais enfiler une tenue lourde pour cacher tout cela à ma fille. Sinon, je n’aurais qu’à prétendre m’être trop gratter. Ce que j’aime d’Alyssia, c’est qu’elle ne pose pas trop de questions sur des trucs comme cela, sauf quand la curiosité la tenait de trop près. Alors, là, elle ne pouvait plus arrêter. J’avais décidé de regarder un enregistrement en direct sur Twitch, d’une équipe sur youtube que j’apprécie beaucoup c’est dernier temps. Je sais que j’avais décidée de mettre de côté tout ce qui pouvait faire de moi une être humaine. Pourtant, je n’arrivais pas à mettre fin de cette équipe surnommer Epic Joystick. Ils me font rire c’est deux gars. Et c’est dernier temps, il est rare que je puisse rire. Pendant l’espace de quelques secondes, il m’arrive d’être complètement l’une des leurs. D’être une adolescente insouciante et qui profite uniquement de la vie. Ils ont se pouvoir. Autant que cela me fait plaisir, autant que se pouvoir qu’ils ont sur moi est effrayant. J’écoutais leurs niaiseries presque toute la journée. Jusqu’à l’heure du souper lorsqu’Alyssia reviens enfin à la maison. Je la serre dans mes bras.

- Tu m’as manquée !
- Toi aussi, maman. Tu t’es sentis seule ? me demande Alyssia.
- Je me sens bien maintenant.
- Est-ce que cela veut dire que je ne peux plus partir ?

Je réalise, alors, que je fais subir à ma fille ce que ma mère m’a fait subir -mais en total opposé. Je suis une idiote.



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histoire gratuite Sans mot, partie 4.

 

J'adore votre style d'écriture.votre histoire en devient passionnante j'ai lu les quarrés parties d'un coup. Et j'ai hâte de voir la suite. Je trouve votre façon d'écrire tellement naturelle et par votre présentation je trouve que nous avons beaucoup de points communs. A quand la suite ? J'espère bientôt . Cette mademoiselle beaudoin est vraiment attachante.bonne continuation

 

 

Très beau texte, plein de vérité. Attention à l\' orthographe !!!

 





   
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