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Souvenirs d'enfance

Auteur de recits


Récit écrit par Morty.
Auteur homme.    Contacts de l'auteur : mortisywanadoofr



histoire publiée le 29-02-2016
Catégorie :Autobiographie, Journal intime, Mes rêves, Tranches de vie, Récits de voyageurs
Histoire 8575-m740

Titre : Souvenirs d'enfance

Autobiographie  Mélancolie  Souvenirs 
 
 

Souvenirs d'enfance


C'est là !... C'était là ... J'en suis sûr !... Il ne peut pas en être autrement !... Je
ne peux pas me tromper !... Là bas, au pied du talus, j'aperçois la gueule noire et
béante du tunnel d'écoulement des eaux pénétrant profondément sous la voie ferrée.


Je nous revois encore en découvrir l'orifice dissimulé par des ronces inextricables lors
de l’un de nos beaux jeudis d'enfance ...

Nous... Pierre, Bénédicte et moi... les inséparables... gamins heureux et insouciants ...
gardiens vigilants de notre domaine secret... notre royaume !!! Immense terrain vague et
sauvage coincé entre la ligne de chemin de fer et la route menant à l'école. Vaste
"jungle" où la nature simple et rustique avait tous ses droits.

Quelle désolation, quelle dévastation autant pour moi que pour le paysage...

Je m'avance lentement sur cette terre de mémoire que je ne reconnais plus. Le pas
hésitant et incertain...
Elle est à nue, nivelée, érodée, assainie, prête à être livrée au promoteur froid et
mercantile !

Les souvenirs sont en moi, toujours présents et chauds et je n'ai juste qu'à fermer les
yeux pour qu'ils m'assaillent brutalement et fassent renaître des images, des visages,
des sensations, des odeurs.

Les années soixante cinq, soixante dix; Pierre mon copain, mon aîné d'un an, ses yeux
noirs et son air toujours sérieux, grave... comme éternellement préoccupé; Bénédicte, son
regard malicieux, ses longues tresses brunes qui balayaient ses épaules et son rire si
clair et cristallin.
Et ce terrain vague; notre refuge sauvage où la nature folle et libre était la complice
de nos jeux d'enfants.

Il y avait parmi les herbes folles et les graminées le vieux poirier centenaire qui nous
accueillait de ses branches tortueuses et amicales pour qu'on l'escalade ou qu'on y érige
une cabane fragile et maladroite, les bosquets de noisetiers et de sureaux dans lesquels
on taillait des épées, des arcs ou... d'abominables cigarettes qui nous faisaient tousser
en provoquant d'interminables fous-rires. Et puis le jeune merisier au tronc lisse comme
une chandelle de fonte et dont nous disputions les petits fruits aigrelets aux merles
agacés.

Hélas les bûcherons sont passés avec leurs engins de mort !!! Fossoyeurs de mes
souvenirs...

Comme j'aimerais que vous soyez là avec moi ! Pierre, Bénédicte ... Comme j'aimerais
prendre vos mains... ne pas être seul face à cette tristesse qui me broie le cœur !

Bénédicte, petite écolière souriante qui a provoqué mes premiers émois et dont la gaieté
juvénile éclairait même les grises journées d’hiver.
Nous étions secrètement amoureux de toi qui étais si souvent notre reine quand nous
étions tes valeureux chevaliers allant guerroyer en ton nom.

Mes pas lourds d'une si pesante mélancolie m'entraînent vers ce tunnel dont l'entrée me
semble maintenant si petite...

C'est pourtant debout que nous venions y chercher avec délectation la peur quand,
enfoncés au plus profond des ténèbres, nous attendions, anxieux et le cœur battant le
passage en surface d'un de ces lourds convois de voyageurs tirés par ces énormes
locomotives rugissantes appelées bizarrement "Pacific".
Je me rappelle si bien ces mastodontes noirs crachant une épaisse fumée qui tout en même
temps nous attiraient et nous terrifiaient. Ces cerbères tout droit sortis de l'enfer que
nous entendions arriver de si loin et exhiber leurs puissantes mécaniques de rouages et
de bielles.
Le bruit dantesque et amplifié par l'écho précipitait immanquablement notre petite amie
dans nos bras et nous étions forts et fiers devant elle alors que nous n'avions nous
aussi que l'envie de détaller en hurlant notre peur...

Maintenant la ligne est électrifiée et les motrices ont la froideur et l'impersonnalité
de ce lotissement qui va bientôt s'emparer de ce pauvre lopin de terre qui pleure sa
nature oubliée et se glace lentement dans cette nudité imposée.

Ou êtes vous, mes deux amis si chers ? Quel sort vous a réservé cette vie si cruelle qui
se moque si bien des souvenirs d'enfance ?

Ma mémoire va se diluer bientôt dans le béton et dans le gazon bien entretenu de petits
jardinets bien propres et ma terre va être foulée par des pieds étrangers, des pieds qui
ignoreront qu'ici même, il y a si longtemps trois gamins insouciants et heureux se sont
aimés sous le soleil des jeudis d'antan !!!




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