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Pourquoi pas ? Partie 2

Auteur de recits


Récit écrit par Sweet Chaos.
Auteur femme.



histoire publiée le 02-03-2013
Catégorie :Romans, Nouvelles, Micronouvelles, Récits historiques
Histoire 8377-s514

Titre : Pourquoi pas ? Partie 2

Horreur  Mort  Vengeance 
 
 

Pourquoi pas ? Partie 2


Vendredi arriva. Amitiel attendait devant la porte du palais de justice que Mikael
finisse de travailler. Elle souhaita qu'il ne prenne pas trop son temps pour ramasser
ses affaires, parce que la température se refroidissait rapidement.

- En plein mois d'octobre en jupe et en veste en polyester, commenta Raphael les mains
dans les poches de son coupe vent. Tu te prends pour Choubaka ?

- Tu as déjà vu Choubaka en jupe ? se moqua-t-elle.

- Non mais j'ai déjà vu son poil se redresser comme celui de tes jambes par contre.

Elle lui donna une tape sur le bras en riant. Étant de nature plus sage, Uriel oublia
de rire et s'interposa entre Raphael et Amitiel.

- Pourquoi l'appelles-tu toujours Mikael ? demanda le rabat-joie.

La question d'Uriel déboussola un peu la concernée. Pourquoi l'appelait-elle toujours
Mikael ? Elle y réfléchit un peu et ne trouva rien de mieux à répondre que "Parce que
c'est son nom".

Uriel n'insista pas davantage. Il avait reçu une réponse et c'est tout ce qui
importait. Elle ne lui convenait pas, mais si son interlocutrice avait jugé suffisant
de lui donner cette réponse, cela le satisfaisait.

Gabriel, comme à son habitude, ne parlait pas, perdu dans ses pensées. Lorsque Amitiel
lui adressa la parole, elle dut répéter son nom à deux reprises avant d'obtenir une
réaction.

- Pardon ? s'excusa-t-il. Qu'est-ce que tu as dis ?

- Je t'ai demandé si tu avais tout apporté, répéta Amitiel.

- Oh, oui, oui, confirma le penseur. J'ai tout apporté.

- Il y a quelque chose qui ne va pas ?

Il haussa les épaules.

- Bof je ne comprend pas pourquoi tu veux tuer ton frère, expliqua Gabriel. Le chinois
du dépanneur sur Bernard, j'aurais compris, il a un de ces accents qui me pousse à
tuer tant j'y comprends rien. Mais ton frère, malgré le fait que c'est un imbécile, il
demeure ta famille.

Amitiel aurait voulu tout lui dire, mais elle s'en abstint. Elle allait tuer son frère
parce qu'elle croyait fortement qu'il le méritait, mais elle n'allait pas voler un
temps considérable à Gabriel afin de lui expliquer pourquoi. De toute évidence, la
plupart du temps il n'y a que pour nous que les choses semblent effroyables. On
raconte quelque chose qui nous indigne et personne n'écoute, comme c'était le cas de
Gabriel; il n'avait d'yeux que pour ses propres malheurs.

Elle ne lui dit donc rien, se contenta de laisser tomber une seule phrase :

- On a pas toujours besoin de comprendre les choix des autres pour les respecter.

- Peut-être, admit-il, mais tu as pensé à ta mère ?

En un éclair, elle revit sa mère allongée en étoile sur une table basse, la bouche
ballonnée, les poignets et les chevilles attachés. Elle pleurait, mélangeant ses
larmes à son sang, mixant tristesse, douleur et désespoir. De multiples blessures
couvraient son corps. Une lumière vacillante l'éclairait dans un sous-sol en béton
crasseux qui puait l'humidité et la moisissure. Âgée de six ans, la pauvre Amitiel
était forcée de regarder son frère, Azael, un couteau à la main et un sourire presque
aussi tranchant que la lame de son arme sur les lèvres. Ne cessant jamais de sourire,
il lacérait littéralement la peau de sa mère.

Une autre scène lui revint à l'esprit : Azael était assis sur un divan dans le
boudoir, fixant la cours arrière par la fenêtre.

- Azael ?

Aucun mouvement, aucune réaction. Amitiel s'approcha plus près et lui toucha l'épaule.

- Aza...

Brusquement, il la prit par le coude et l'assit violemment à la place disponible à
côté de lui. Un doigt sur les lèvres, il lui indiqua le silence.

Amitiel ne parla point, elle écoutait, envieuse de savoir pourquoi Azael agissait de
la sorte. Mais elle avait beau couper sa respiration pour mieux entendre, son oreille
ne percevait aucun bruit.

- Je n'entends rien Aza...

- Chuut !!! s'emporta ce dernier. C'est justement le point ! Écoute comme c'est calme.
Cette vieille salope n'est plus là pour nous casser les oreilles avec sa musique
classique.

La mère des frangins avait toujours adoré Mozart, Beethoven, Chopin et autres grands
génies et maîtres du piano. Le problème était que tout ce que leur mère aimait, Azael
le détestait. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne découvre que la haine
portée à l'égard d'Amitiel de la part de leur mère ne servait qu'à la protéger .

Ce qui effrayait la jeune fille, c'était de voir que son frère disait vrai : leur mère
n'était pas là...

- Qu'est-ce que t'as fait à maman ? demanda-t-elle en avalant de travers.

Il sourit, mais ne répondit pas, le regard toujours fixé sur la cours arrière, une
lueur malicieuse dans les yeux.

- Qu'est-ce que t'as fais à maman ?! cria la malheureuse cette fois.

Voyant qu'il demeurait imperturbable, elle courut dans toute la maison. Elle fit
chacune des pièces en hurlant le nom de sa mère, mais ne la trouva nulle part.
Lorsqu'elle arriva à la cuisine, elle s'arrêta net, horrifiée. Une longue traînée de
sang longeait la céramique, passait par la porte arrière et allait s'étendre sur le
porche en bois blanc à l'extérieur.

- Maman !!!

Amitiel ne voyait toujours pas sa mère et commençait sérieusement à paniquer. Elle
passa la porte et se jeta dans la cour. Elle regarda par la fenêtre ; à l'intérieur,
son frère souriait encore.

Elle tourna sur elle-même, cherchant désespérément sa mère. Les larmes lui montèrent
aux yeux et l'aveuglèrent un instant, de sorte qu'elle trébucha sur une pelle... Et
elle comprit.

Elle repéra un espace du terrain où la terre était enfoncée et le gazon abîmé. Aussi
vite que son corps lui permettait, elle attrapa la pelle et se mit à creuser.

Enfermée et ligotée dans une boîte, une plaie de dix centimètre à la hauteur de
l'abdomen, Amitiel trouva sa mère. Elle passa deux semaines à l'hôpital.

Amitiel avait onze ans.



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